La gamme Entry de Renault, un modèle économique très rentable

Faisant preuve d’un esprit avant-gardiste raillé par nombre d’industriels lorsqu’il décida de reprendre et d’étoffer l’offre « low-cost » de Dacia en 1999, Renault a depuis développé une expertise unique en matière de réduction des coûts. La marque roumaine dispose maintenant de la gamme la plus moderne d’Europe, avec des modèles qui s’offrent le luxe d’être tendance tout en restant bon marché. Le Dacia Duster a même été le modèle le plus vendu du groupe Renault sur les cinq premiers mois de 2013, avec des immatriculations en hausse de 59 %, à 155 729 unités. Ce succès est un symbole de la croissance des véhicules à bas coûts dans les pays émergents et de la rentabilité de leur modèle économique. 75 % des ventes de Duster depuis le début de l’année ont en effet été réalisées hors d’Europe. « Le Duster est un très bon produit de conquête, qui nous a permis de nous intégrer sur de nombreux marchés où l’on était traditionnellement timide », se félicite Jérôme Stoll, directeur commercial monde de Renault. Le modèle remporte ainsi un franc succès en Russie, en Inde, au Brésil et en Argentine, notamment. Il pourrait également être lancé dans d’autres pays, « notamment en Afrique ou en Asie », indique M. Stoll, précisant toutefois qu’une commercialisation en Chine n’est pas au programme pour l’instant.

Le Duster bénéficiera prochainement d’un restylage ; il sera présenté au Salon de Francfort au mois de septembre. Le tout terrain est révélateur du succès remporté par les modèles à bas coûts de Renault. Sur les cinq premiers mois de 2013, la gamme Entry a généré 426 382 ventes dans le monde, en hausse de 17,7 %. Le million d’unités devrait être atteint cette année.

Là où la rentabilité opérationnelle d’une voiture est comprise entre 0 % et 3 % au mieux, celle de Dacia dépasse les 6 %. Comme le souligne Carlos Ghosn lui-même en préface d’un petit livre d’entreprise consacré l’an dernier à l’épopée Logan, « la gamme Entry est la plus profitable du groupe ». Aujourd’hui, près des deux tiers des véhicules de la gamme Entry sont vendus hors d’Europe et de la zone Euromed.

Alexandra Frutos