La filière recyclage des pneumatiques usagés se mobilise

A la fin de 2012, constructeurs et manufacturiers signaient un accord pour formaliser leur partenariat dans le développement de la filière de recyclage de pneumatiques, dans le but de montrer à l’Etat leur capacité à gérer eux-mêmes la filière sans qu’il soit nécessaire de créer un éco-organisme pour les pneus usagés. Dans le cadre de l’accord, les constructeurs (représentés par le CCFA et la Csiam) s’engageaient alors à financer le recyclage des pneus usagés issus des VHU, tandis que les manufacturiers de pneumatiques (représentés par leur filiale Aliapur) se chargeaient du recyclage des pneus de remplacement.

Le 11 février, quelque 14 entreprises ou organisations (Association française des importateurs de pneus, Aliapur, CCFA, CNPA, Csiam, Environnement commerce automobile, Feda, Federec, FNAA, Federec, FRP, Syndicat national du caoutchouc et des polymères), Syndicat des professionnels du pneu, regroupement de collecteurs Syvap, Travaux de normalisation du pneumatique pour la France) intervenant dans la partie aval de la filière pneu (distribution, collecte, réemploi et valorisation) ont signé un accord « visant à créer un espace de partage des bonnes pratiques et de coordination » en matière de recyclage des pneumatiques usagés, avec l’objectif que la filière atteigne l’équilibre économique.
« Ceux qui mettent les pneus sur le marché, manufacturiers et constructeurs, ont des responsabilités organisationnelles et se devaient d’impulser une action structurante sur l’avenir de la filière, en y associant tous les acteurs », a souligné le président du CCFA Patrick Blain. « L’objectif est bien d’éviter la création d’un éco-organisme en démontrant que nous pouvons nous en sortir seuls en arrivant, à terme, à un coût nul pour le consommateur », a-t-il ajouté.

Depuis le démarrage de la filière, en 2004, les coûts de collecte et de valorisation ont diminué de 38 %, permettant de faire passer l'éco-contribution de 2,20 euros à 1,35 euro par pneu VL. Toutefois, depuis trois ans, ce montant ne baisse plus et l’objectif de coût nul semble difficile à atteindre, notamment avec la perspective d’une écotaxe qui va augmenter les coûts de transport des collecteurs. « Nous devons encore améliorer les conditions de collecte, poursuivre la recherche pour trouver de nouveaux débouchés aux pneus usagés », a déclaré Eric Fabiew, directeur général d’Aliapur. « L’un des enjeux majeurs, au niveau européen, est aussi de faire sortir le pneu usagé de la catégorie déchet, afin de faciliter son exportation sous forme de granulats et ainsi élargir ses débouchés », a de son côté rappelé Jean-Jacques Almon, président de TNPF. (AUTOACTU.COM 13/2/14)

Alexandra Frutos