La collecte de données et l’adoption du véhicule électrique, deux grandes tendances de l’industrie automobile en 2017 (1/2)

Dans une tribune publiée par Les Echos le 28 juin, le président d’IFS France Amor Bekrar explique que la course à l’intégration de nouveaux matériaux légers dans les véhicules de série est amenée à s’intensifier en 2017 et que les processus de production traditionnels datant de plusieurs décennies vont être transformés. Les consommateurs partout dans le monde vont persister dans leur volonté de réduire leurs émissions de CO2. D’après le cabinet Horvath, les ventes de véhicules à carburant alternatif vont doubler et atteindre 20 % du total des ventes mondiales en 2017, contre 10 % en 2015. Le gros de ces ventes se fera en Chine, qui continuera d'être le premier pays producteur de véhicules électriques, alors que l'Europe et les Etats-Unis peinent à développer ce marché. Depuis 2005, la Chine montre l'exemple en matière de réduction de la consommation de carburant. Dans un premier temps, dans le cadre d'un grand plan, à l'instar de l'Europe, il s'agissait de simples incitations pour le consommateur. Mais, contrairement à l'Europe, aux Etats-Unis ou encore au Canada, la Chine a dans le même temps fixé des objectifs stricts pour réduire la consommation de carburant, aussi bien pour les véhicules individuels que pour les flottes d'entreprises. La Phase IV de son plan, lancée en janvier 2016, fixe ainsi un objectif moyen de 5 l/100km pour les véhicules vendus en 2020. Bien que complexe, ce plan est flexible. La Phase IV permet en effet aux constructeurs de suivre un calendrier souple pour la mise en conformité, ainsi que des primes pour l'utilisation de technologies permettant de réduire la consommation de carburant telles que les moteurs Start & Stop, les systèmes de surveillance de la pression des pneus, les indicateurs de changement de vitesse ou les systèmes de climatisation intelligents. Cette stratégie ciblée à long terme a été gagnante. Une étude publiée en 2016 par McKinsey, intitulée « Finding the fast lane : Emerging trends in China's auto market » révèle que « la majorité des propriétaires de véhicules électriques en Chine sont désireux de réitérer leur achat » et que « la proportion de consommateurs qui se disent intéressés par ce type d'achat a triplé depuis 2011 ».Les leçons à tirer pour les gouvernements et les constructeurs européens sont claires : une stratégie à long terme qui se veut efficace ne peut pas se contenter de quelques incitations timides et isolées. L'exemple de l'Allemagne l'illustre bien : la mise en place d'une prime à l'achat n'a permis qu'une augmentation de 8 % des ventes de véhicules électriques, soit 14 013 unités. Cette simple prime n'a donc eu que peu d'effet.Le réseau des stations de recharge explique également le succès chinois. Bien qu'il laisse encore à désirer, le nombre de stations est passé de 1 122 en 2010 à 49 000 en 2015. En ajoutant les stations privées de recharge, les stations dédiées aux bus et celles pour les véhicules logistiques, il y avait, en 2015, 160 000 stations de recharge au total. La Chine prévoit de construire 12 000 autres stations de recharge dans les grandes métropoles et 4,8 millions dans ses provinces d'ici à 2020, afin de répondre à une demande prévisionnelle de 5 millions de véhicules électriques. Une solide et ambitieuse stratégie de déploiement des stations de recharge est donc essentielle pour assurer le succès des véhicules électriques.En 2017, on constatera certainement une présence accrue des constructeurs européens sur le marché chinois, notamment sur les technologies de sécurité avancées et sur les essais de choc. La Chine teste déjà aujourd'hui ses véhicules électriques en Europe. A partir de 2017, les constructeurs européens aideront la Chine à développer ses compétences en matière de sécurité et de tests, et celle-ci continuera de montrer les bénéfices de sa stratégie robuste et complète en matière de véhicules électriques.

Alexandra Frutos