La baisse de la part des véhicules diesel dans le parc réduira « l’efficacité » CO2 de la baisse de la consommation

Dans les prochaines années, la consommation de carburant du parc routier français devrait fortement baisser suite à la diffusion des progrès de consommation imposés par l’évolution des normes européennes. Celles-ci prévoient notamment une moyenne 95 g de CO2/km pour l’ensemble des ventes de véhicules neufs en 2021. Si la diffusion de ce progrès dans le parc est lente, les évolutions des dernières années commencent déjà à se faire sentir et la baisse de consommation des véhicules (tous types inclus) a été enclenchée depuis l’année dernière, indique le CCFA.

L’organisation a ainsi fait des projections d’évolution de la consommation de carburant d’ici à 2030 (par rapport à 2010) avec des hypothèses ne modifiant pas les paramètres d’usages actuels et n’intégrant pas de modification dans la fiscalité des carburants. Ces projections mesurent donc l’évolution de la consommation à paramètres constants. Ces estimations conduisent à une baisse de consommation du parc routier total de 10 % en 2020 (par rapport à 2010), la baisse étant nettement plus accélérée sur le parc des véhicules particuliers (- 15 %). La pente s’accentue au cours des 10 années suivantes, avec ? 26 % pour l’ensemble du parc et même -35 % pour le seul parc VP entre 2010 et 2030.

Cette évolution conduira à une baisse de la consommation de carburant de plus de 10 millions de tonnes par rapport à une consommation de 41 millions de tonnes en 2010 (dont 24 millions pour les VP).

Dans ses prévisions, le CCFA a simulé pour l’évolution du parc VP (31,7 millions de véhicules en 2014) une croissance de la part des véhicules à essence, actuellement minoritaires puisqu’ils représentent 37,9 % des véhicules en 2014. « Le taux de diésélisation du parc sera à son maximum en 2015, à 63 % », a annoncé Patrick Blain, le président du CCFA.

Le CCFA estime que l’on atteindra en 2020 un équilibre à 50-50 entre les motorisations à essence et diesel dans les ventes de véhicules neufs (contre 65 % sur le premier semestre de 2014). Cet équilibre se concrétisera 7 ans plus tard sur le parc, soit en 2027.

Alors que l’amélioration des motorisations devrait entrainer une baisse de consommation de 26 % d’ici à 2030, les émissions de CO2 ne reculeraient que de 20 %. En cause, le remplacement de véhicules diesel par des véhicules à essence dont l’efficacité énergétique est actuellement en moyenne inférieure à celle du diesel de 15 % à 20 %, explique le CCFA. Même si d’ici à 2030, l’écart entre les deux types de moteurs devrait se resserrer, il subsistera encore un différentiel de l’ordre de 10 % à 15 %, estime le comité. (AUTOACTU.COM 7/7/14)

Alexandra Frutos