La Thaïlande amorce une nouvelle étape de son "Master Plan" pour l'industrie automobile (2/2)

Le gouvernement thaïlandais va prochainement lancer la deuxième phase de son programme "Eco Car" afin de maintenir le pays en position de leader dans la région en termes de production automobile. Un comité "Eco Car" doit se réunir avec les experts du secteur automobile afin d’élaborer les politiques d’investissement à mettre en place pour ces petits véhicules respectueux de l’environnement. La deuxième phase du programme portera essentiellement sur les économies d’énergie, les carburants propres et les normes de sécurité internationales. Le Bureau des Investissements (BOI) a souligné que cinq constructeurs avaient déjà rejoint la première phase du programme "Eco Car" en 2007 : Mitsubishi, Honda, Toyota, Nissan et Suzuki. Ils ont investi un total de 700 millions d’euros dans le pays et créé près de 12 000 emplois.

Le projet "Eco-car" avait été officiellement lancé le 15 juin 2007. Il était assorti d’un paquet de mesures fiscales, comme l’exemption des droits de douane sur les machines et équipements, l’exonération de l’impôt sur les sociétés pendant huit ans, la réduction tarifaire sur les matières importées à 90 % pendant deux ans et la réduction des droits d’accises à 17 %. En contrepartie, les constructeurs devaient s’engager à produire au moins 100 000 voitures par an à l’issue de la cinquième année d’exploitation. Les véhicules devaient par ailleurs obéir aux normes EURO 4 (consommation n’excédant pas 5 l/100km, émissions de CO2 inférieures à 120 g/km, respect des normes de sécurité UNECE 94 et 95).

En lançant la deuxième phase du programme, le gouvernement thaïlandais veut attirer de nouveaux investisseurs. Le programme "Eco-Car" a permis à la Thaïlande de porter sa production à 2 millions d’unités l’an passé et le gouvernement voudrait désormais atteindre les 3 millions d’unités d’ici à 2017. Ford, Mazda, Hyundai et Volkswagen, notamment, pourraient adhérer à cette seconde édition du programme, rejoignant ainsi Mitsubishi, Honda, Toyota, Nissan et Suzuki.

Avec ces politiques économiques et industrielles, La Thaïlande entend clairement devenir une base de production incontournable au niveau mondial, dotée d'une capacité de 3 millions d’unités par an à l’horizon 2017. Elle veut également établir un bon environnement économique, avec notamment une main-d’?uvre qualifiée, une activité R&D de référence et des infrastructures développées.

Pleinement engagée dans les accords de libre-échange, la Thaïlande se dote peu à peu des outils lui permettant de soutenir sa croissance. Motivée par les succès des ?Master plans’ précédents (intégrer la chaîne d’approvisionnement mondiale, développer la collaboration avec les pays de l’ANSEA, améliorer ses outils de R&D), elle ne vise rien de moins que le développement de l’emploi et de l’économie nationale, au bénéfice, en premier lieu, de ses propres fournisseurs. Et, in fine, s'élever au rang des pays à revenu supérieur.

Juliette Rodrigues