La Silicon Valley s'attaque à l'industrie automobile (1/2)

La Silicon Valley, le pôle de l'innovation technologique en Californie, émerge comme un centre d’innovation dans le domaine des transports.Google investit dans les voitures autonomes, les drones et les satellites. Elon Musk, le patron du constructeur de voitures électriques Tesla Motors, a également fondé Space X, une entreprise spécialisée dans l’astronautique et le vol spatial, et il travaille aussi sur un nouveau mode de transport baptisé Hyperloop, qui consiste en un double tube surélevé dans lequel se déplacent des capsules. Uber a modifié la façon dont les gens se déplacent dans les grandes villes. Il y a aussi des start-ups, comme RelayRides, un site de location de voitures entre particuliers, ou encore Flywheel, qui a développé une application mobile permettant de réserver un taxi.Après Tesla et Google, Apple développerait à son tour un véhicule. Selon des informations parues récemment dans la presse, le fabricant de l'iPhone et de l'iPad travaillerait au développement d’une voiture électrique qu’il voudrait commercialiser en 2020. La société à la pomme aurait déjà affecté plusieurs centaines de salariés à ce projet secret. Apple n’a pas commenté ces rumeurs, mais une plainte déposée par le fabricant américain de batteries A123 Systems, qui l'accuse de débaucher illégalement ses salariés, semble les accréditer.« La voiture est un domaine qui n’a pas fondamentalement changé depuis 100 ans », et c’est ce qui rend le secteur automobile attrayant pour les entreprises spécialisées dans les technologies, explique Gene Munster, un analyste chez Piper Jaffray Cos. Ces sociétés ne se considèrent pas comme des constructeurs d’automobiles ou de systèmes embarqués, comme des loueurs de voitures ou encore de services de chauffeurs, mais comme des sociétés technologiques, avec la même volonté d’appliquer des solutions nouvelles à d’anciennes problématiques. Et elles n’ont pas peur de prendre des risques, d’autant qu’elles disposent de ressources considérables ou peuvent facilement trouver des investisseurs prêts à soutenir leurs projets. « C’est une différence fondamentale avec l’industrie automobile », estime Egil Juliussen, directeur de recherche au sein du cabinet IHS Automotive.

Frédérique Payneau