La SNCF et Allianz investissent dans la location de voitures à 1 euro

LuckyLoc, spécialisé dans la location de voitures à 1 euro, vient de lever 2 millions d'euros auprès des fonds Hi Inov 1 (créé par Pierre-Henri Dentressangle), SNCF Digital Ventures et InnovAllianz.

Si la société peut afficher ce tarif symbolique, c'est parce que les véritables clients de LuckyLoc sont des professionnels de l'automobile, à commencer par les grands réseaux de location comme Europcar, Avis ou Rent A Car. Ceux-ci ont parfois besoin, lorsqu'une location n'a pas été rendue dans la ville d'origine, de rapatrier le véhicule dans l'agence de départ, ce qui peut s'avérer compliqué et coûteux. Passer par LuckyLoc leur permet de réduire la facture. Le site s'adresse aux particuliers qui ont besoin (ou envie) de réaliser le même trajet au même moment. Les offres sont souvent déposées tardivement (en moyenne quatre jours avant la date de départ souhaitée), mais il se trouve tout de même un conducteur dans 70 % des cas, indiquent Claire Cano et Idris Hassim, les cofondateurs.

L'an dernier, la jeune pousse a élargi son offre, avec la création d'un deuxième site, Expedicar.com. Il s'adresse désormais aux loueurs de courte et longue durée, mais aussi aux concessionnaires, aux sites spécialisés comme Aramisauto.com, et même aux particuliers. « Le transfert de véhicules à l'unité en France représente 1 600 000 voitures chaque année, pointe Idris Hassim. Mais les besoins des clients peuvent être très divers, en termes de délai, de distance. Avec Expedicar, nous pouvons proposer la solution la plus adaptée », ajoute-t-il. Les chauffeurs trouvés par le biais de LuckyLoc, par exemple, fournissent l'option la moins chère. Mais pour les trajets qui ne peuvent pas attendre, la société s'appuie sur un groupe de convoyeurs professionnels, employés sous le statut d'auto-entrepreneurs et payés à la course, afin de garantir la livraison du véhicule dans les soixante-douze heures.

Au total, la start-up compte acheminer 30 000 véhicules cette année. Elle a affiché 1,2 million de chiffre d'affaires en 2015 et vise les 3 millions pour 2016, tout en étant déjà rentable, assurent ses cofondateurs. La levée de fonds doit leur donner les moyens d'accélérer l'internationalisation, en mettant le cap vers l'Allemagne ou l'Espagne dans un premier temps. La société a également conclu, il y a trois mois, un partenariat avec la SNCF, pour compléter l'offre auto-train de la compagnie dans les villes où le service n'est pas assuré. (ECHOS 11/10/16)

Alexandra Frutos