La Russie interdit l’achat de véhicules importés aux institutions publiques

Le Premier ministre russe, Dimitri Medvedev, a interdit l'achat de véhicules de fabrication étrangère pour les fonctionnaires, selon un décret publié hier, une mesure destinée à renforcer les entreprises locales alors que le secteur automobile russe est en difficulté.

"Il est préférable que des entreprises nationales, et non étrangères, profitent des fonds colossaux alloués par l'Etat pour ce type d'acquisition", a estimé M. Medvedev lors d'une réunion du gouvernement. Le décret interdit désormais aux services publics et aux municipalités d'acheter des voitures, des bus, des tramways ou des ambulances de fabrication étrangère.

"A condition bien sûr que les entreprises nationales soient en mesure de concurrencer les entreprises étrangères au niveau de la qualité et du prix", a cependant indiqué M. Medvedev, une précision qui relativise la portée de cette mesure.

Par ailleurs, le décret ne concerne pas les véhicules fabriqués en Russie par des marques étrangères, comme Audi et BMW, très appréciées des fonctionnaires. Pour obtenir de nouveaux contrats publics, les constructeurs étrangers doivent justifier d'un taux actuel de production locale de 30-40% et d'ici à 2018, d'un taux de 60-70%.

"Les pertes ne seront pas très importantes pour les constructeurs étrangers : les ventes aux institutions publiques ne représentent que 10 % du marché russe", nuance Sergueï Oudalov, directeur de l'agence spécialisée Avtostat.
En 2010, le président Vladimir Poutine, alors Premier ministre, avait dénoncé "la désindustrialisation" de la Russie. Une série de mesures avaient été mises en place pour pousser les grands groupes mondiaux à produire localement avec des partenaires russes, en leur proposant notamment des réductions de taxes. (AFP, AUTOACTU.COM 16/7/14)

Juliette Rodrigues