La Norvège montre la voie dans l'électrique, mais à quel prix ?

La Norvège a décidé de montrer la voie dans les véhicules électriques en adoptant des mesures favorables à cette motorisation, et cette politique remporte un certain succès. Les modèles électriques ont en effet représenté 3 % du marché automobile au mois de février, contre seulement 0,1 % aux Etats-Unis par exemple sur l’ensemble de 2012 (14 687 immatriculations).

La stratégie de pionnier adoptée par la Norvège a toutefois un prix et ne fonctionne que grâce aux taxes importantes imposées aux véhicules à moteur thermique et aux aides accordées parallèlement aux modèles électriques. Ces mesures permettent de ramener le prix de la Nissan Leaf à 240 690 couronnes norvégiennes (28 650 euros), afin qu’il soit compétitif par rapport à un véhicule tel que la Volkswagen Golf dotée d’un moteur de 1,3 l (238 000 couronnes, soit 28 325 euros). A titre de comparaison, en Grande-Bretagne, la Leaf coûte 35 500 livres sterling (prime gouvernementale de 5 000 livres incluses), soit 27 640 euros, et elle ne peut donc pas concurrencer une Golf proposée à 16 285 livres (19 160 euros).

La Norvège peut se permettre de mener cette politique en faveur de l’électrique car elle fait partie des pays qui ont échappé à la crise économique mondiale grâce aux revenus générés par ses réserves de pétrole et de gaz. Les conducteurs de véhicules électriques roulant dans Oslo et ses environs peuvent économiser jusqu’à 1 080 euros par an sur les péages, profiter de places de stationnement gratuites à hauteur de 3 870 euros par an et éviter diverses charges représentant un coût de plus de 300 euros. L’ensemble des avantages accordés aux personnes choisissant l’électrique peut atteindre 6 350 euros par voiture et par an, sans compter la possibilité de rouler dans les voies réservées aux autobus, au lieu de rester dans les embouteillages. Tout ce dispositif d’incitations gouvernementales est prévu jusqu’en 2017 et sera alors rediscuté.

Alexandra Frutos