La Malaisie s’ouvre progressivement aux importations de voitures étrangères (1/2)

La Malaisie a longtemps mené une politique protectionniste sur son marché automobile. Des taxes douanières très élevées étaient appliquées aux véhicules importés, ce qui favorisait le marché local et ses marques nationales, Proton et Perodua.

En quelques années, la Malaisie est devenue, de par la taille de son marché et de l'histoire de son industrie automobile, un pays stratégique pour l'industrie automobile dans l’Asie du Sud-est. En 2012, elle a produit 569 620 véhicules et en a vendu 627 753. L’automobile est le troisième poste d'exportation de la France vers la Malaisie, derrière les aéronefs et les composants électroniques, et devant les produits pharmaceutiques.

En dépit de la politique protectionniste qui était de mise dans le pays, les importations de véhicules en Malaisie n’ont fait que croître ces dernières années : en valeur, elles sont passées de 19,7 millions d'euros en 2010, à 48,4 millions d'euros en 2011 et 63,1 millions d'euros sur les 10 premiers mois de 2012. Toujours en valeur, les importations de pièces détachées se sont établies à 22,4 millions d'euros sur les 10 premiers mois de 2012, en progression de 49 % par rapport à la période équivalente de 2011.

Afin de renforcer la compétitivité du secteur automobile malaisien, le gouvernement s'est finalement engagé dans un mouvement de libéralisation du marché, qui s'ouvre progressivement aux investisseurs étrangers. Le ministre malaisien du Commerce International vient en effet d'annoncer que les taxes d'importation sur les voitures japonaises en Malaisie passeraient de 30 % à 0 % d'ici à 2016. De même, les taxes imposées aux véhicules assemblés en Australie seront progressivement réduites puis supprimées.

Selon les experts, cette baisse des taxes à l'importation ne devrait toutefois pas bouleverser fondamentalement le marché automobile malaisien. En effet, si tous les véhicules vendus sur ce marché sont supposés être assujettis à des droits d'accises compris entre 65 % et 105 % selon les modèles et à une taxe sur les ventes de 10 %, il semble que les fabricants nationaux bénéficient d'exemptions pouvant être très substantielles sur ces taxes intérieures.

Alexandra Frutos