La France est la pointe de la recherche sur les voitures autonomes (1/2)

La voiture autonome représente un enjeu technologique majeur sur lequel des industriels du monde entier travaillent. La France est à la pointe des recherches dans ce domaine, que ce soit à travers ses deux grands constructeurs, PSA Peugeot Citroën et Renault, ou ses équipementiers. Le cabinet Roland Berger estime que les modèles semi-autonomes représenteront 10 % des ventes de véhicules en 2030. A cette date, les véhicules ayant des fonctions d’autonomie partielle (gestion de la vitesse et de la trajectoire sur autoroute ou dans les bouchons) représenteraient un quart des ventes et les véhicules totalement autonomes 5 % des ventes. D’ici à 2030, le coût des technologies permettant une totale autonomie pourrait tomber à 6 000 dollars, contre 150 000 aujourd’hui et 50 000 en 2020, indique le cabinet.

PSA Peugeot Citroën comptera six voitures autonomes en test sur des routes françaises d’ici à la fin de l’année et vingt l’an prochain, a déclaré en septembre dernier le directeur de la recherche et du développement du groupe Gilles Le Borgne. Ces voitures resteront essentiellement cantonnées à la circulation autoroutière, a précisé le dirigeant, qui estime que les premiers véhicules où le conducteur sera en mesure de lâcher son volant pourraient être commercialisés peu après 2020, une fois la réglementation adaptée. PSA est le premier constructeur à avoir obtenu l’autorisation de tester en situation réelle de trafic des voitures autonomes. Le groupe a fait rouler à partir de l’été 2015 deux C4 Picasso siglés « Autonomous Driving » et arborant la plaque réglementaire « W » (pour without, sans chauffeur), autour de Paris ainsi que sur les autoroutes entre Paris et Rennes et Paris et Bordeaux.

Le 2 octobre, un des quatre véhicules autonomes de PSA a parcouru le trajet Paris-Bordeaux sur autoroute, pour prendre place à l’Intelligent Transport Systems (ITS) World Congress, qui se tenait du 5 au 9 octobre. Les 580 km ont été parcourus de manière autonome sans intervention du conducteur. La voiture a ajusté seule sa vitesse et ses dépassements en fonction des autres véhicules, des limites réglementaires et de l’infrastructure. Après avoir relié Paris à Bordeaux, le prototype a parcouru les 600 km séparant Vigo de Madrid.

Renault a de son côté commencé à tester des technologies en vue de lancer un véhicule autonome capable de se diriger dans les rues encombrées des villes et qui permettrait de réduire le nombre d’accidents sur les routes, a déclaré Carlos Ghosn, président du groupe. S’exprimant au Mobile World Congress de Barcelone, M. Ghosn a expliqué que Renault pourrait lancer en 2016 des versions de ces véhicules pouvant gérer la conduite dans les embouteillages. Il a ajouté que le groupe prévoyait de d’offrir des technologies automobiles de plus en plus avancées dans les cinq prochaines années, dans l’objectif de proposer en 2020 un véhicule utilisable sur tout type de route.

Le prototype « autonome » de Renault, baptisé « Next Two », laisse au conducteur la possibilité de vérifier ses e-mails ou de passer des coups de téléphone dans les embouteillages pendant que le véhicule s’arrête et redémarre. Renault compte en outre proposer en 2018 des véhicules à pilotage automatique sur autoroutes, capables de changer de file pour effectuer des dépassements.

Alexandra Frutos