La Française de roues a été placée en redressement judiciaire

Le tribunal de commerce de Châteauroux (Indre) a constaté le 1er avril la cessation de paiements de l'entreprise Française de roues, le dernier fabricant français de roues de voitures, et l'a placée en redressement judiciaire. La mesure a été assortie d'une période d'observation de six mois.

La Française de roues, contrôlée depuis 2010 par l'industriel indien Deltronix, n'a pas obtenu l'étalement de ses charges fiscales et sociales auprès de l'Urssaf et du Comité des chefs de services financiers (CCSF), l'organisme représentant différents créanciers publics. Dans son jugement, le tribunal estime le total des dettes exigibles à près de 2,5 millions d'euros.

Ce jugement intervient alors que la Française de roues, qui emploie 381 salariés dans son usine de Diors (Indre), disposait de perspectives commerciales « satisfaisantes » d’après des sources concordantes. Le mois de mars a dépassé les prévisions, en raison notamment des succès remporté par les Peugeot 2008 et Renault Captur. Avril sera conforme au plan de charges et de fortes hausses sont envisagées à partir de juin. A tel point que l'industriel prévoit la création d'une quatrième équipe en production. « Nous devrions récupérer des volumes d'un confrère allemand en manque de capacité », a souligné une source interne à l'entreprise. « Volkswagen avait fait confiance à Française de roues, qui devait fournir des roues à partir de 2015. Cette nouvelle situation juridique pourrait les dissuader », déplore maître Gilles de Boisesson, avocat de l'actionnaire indien qui, par ailleurs, se disait prêt à injecter un million d'euros dans la trésorerie de l'entreprise.

Le dernier exercice publié par la Française de roues, en 2012, fait état d'un recul du chiffre d’affaires de 9 %, à 73,4 millions d'euros, et d'une perte nette d'1,2 million. Depuis un an, l'effectif a été ramené de 460 à 381 salariés au sein de cette ancienne filiale de Montupet. (AFP 2/4/17)

Alexandra Frutos