La Formula E va permettre à Renault d’accélérer les développements sur les véhicules électriques de série

Pour la 2ème saison du championnat de Formula E, Renault fera partie des constructeurs ayant choisi de développer leurs propres solutions technologiques sur la partie moteur de la monoplace. Se centrer sur une partie du véhicule devrait favoriser une accélération des développements sur les véhicules électriques de série, estime Jean-Pascal Dauce, directeur de la compétition de Renault Sport Technologies.

La première édition du grand prix de Formula E s’est achevée le 28 juin à Londres avec des pilotes concourant tous dans la même monoplace électrique, la Spark-Renault SRT_01E. Cette monoplace embarquait des technologies développées par différents acteurs (moteur McLaren, batteries Williams advanced Engineering, etc.), dont l’intégration a été confiée à Renault. « Dans notre rôle d’intégrateur mécanique et électronique, il s’agissait d’assurer une équité sportive en termes de performance, de fiabilité et de sécurité. Et de ce point de vue, notre objectif a été atteint puisque il n’y a quasiment pas eu de problèmes liés à une iniquité de performances des véhicules », se réjouit le dirigeant. C’était également pour Renault « la reconnaissance de son expertise en compétition et en série », ajoute-t-il.

Mais pour la deuxième édition, la course va prendre une dimension supplémentaire en ne confrontant pas seulement les pilotes mais également les constructeurs. Le règlement prévoit en effet que, dès la deuxième saison, les constructeurs qui le souhaitent puissent intégrer à la monoplace leurs propres solutions pour le moteur, la boîte de vitesse, le système de refroidissement et l’onduleur. Sur les 10 écuries en lice, 8 (ABT Sportsline, Andretti, Mahindra, Motomatica, NEXTEV TCR, Renault Sport, Venturi Automobiles et Virgin Racing Engineering avec DS) ont choisi de développer leurs propres solutions, dont Renault (écurie e.dams Renault). Les deux autres écuries pourront acheter les solutions de l’un des huit constructeurs.

La question du coût est centrale dans le règlement de ce grand prix, puisque les constructeurs se sont engagés à réaliser « des investissements raisonnables ». « Nous travaillons beaucoup sur la question de la maîtrise des coûts et le fait de travailler par bloc sur la monoplace la favorise », souligne M. Dauce. Par exemple, puisque les constructeurs ne pourront pas intervenir sur la batterie avant la 3ème saison, ils devront développer un moteur avec une batterie identique, ce qui limite à la fois le gain potentiel de performance, mais aussi les dépenses. En revanche, « ce système permet d’être plus efficace, de se poser les bonnes questions et d’envisager plusieurs pistes quand nous aurions fait des choix plus radicaux dans un autre contexte », indique le directeur. Or, une telle façon de travailler, davantage en système et par « types de problématique », devrait « profiter rapidement aux véhicules de série », puisque « cela va accélérer les développements », prévoit M. Dauce. (AUTOACTU.COM 9/7/15)

Alexandra Frutos