La Csiam fustige le « manque de visibilité » autour de l'écotaxe poids lourds

La Chambre syndicale internationale de l'automobile et du motocycle (Csiam) a dénoncé le 24 juin le « manque de visibilité » autour de l'écotaxe poids lourds, qui explique selon elle le recul des immatriculations de camions depuis le début de 2013. Les immatriculations des véhicules industriels de plus de cinq tonnes ont en effet chuté de 12,6 % sur les quatre premiers mois de l’année. « Cette taxe affaiblit la compétitivité » de la filière poids-lourds, qui pèse « près de 800 000 emplois », a dénoncé Jean-Noël Thénault, président de la branche véhicule industriel de la Csiam. « Si la France invente encore un nouvel impôt avant tout le monde, ce sont nos clients les transporteurs qui vont payer les pots cassés », a-t-il ajouté.

L’'écotaxe, qui doit entrer en vigueur le 1er octobre, s'appliquera à tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes circulant sur le réseau national non payant, selon des barèmes kilométriques. Le paiement de cette taxe incombe au client du transporteur. Dans l'attente des barèmes de l'écotaxe pour l'année 2014, publiés fin mai, les commandes de camions ont tourné au ralenti par « manque de visibilité », estime la Csiam.

La nouvelle taxe coïncide avec l'évolution des normes européennes d'émission. Au 1er janvier 2014, les constructeurs ne vendront plus que des camions certifiés Euro-6, plus respectueux de l’environnement mais plus chers que leurs prédécesseurs satisfaisant à la norme Euro-5. « Il n'y a pas la queue au niveau des commandes » car les clients sont « dans le flou » et ne pouvaient pas arbitrer entre anciens et nouveaux camions sans connaître les modalités de la taxe, souligne M. Thénault. Les ventes de poids lourds se font uniquement à la commande. D’après la Csiam, les barèmes de l'écotaxe, qui sont susceptibles de changer chaque année, risquent d'entretenir le flou sur le secteur.

« Aujourd’hui, ce dont la filière a besoin, c’est de visibilité. Il faut que le gouvernement adopte un plan quinquennal à la chinoise auquel il ne dérogera pas », explique M. Thénault. « Peu importe ce qu’il décide sur les plans fiscal, technologique ou économique ; si une stratégie et des objectifs sont clairement posés, les constructeurs sauront s’adapter et les transporteurs pourront arbitrer leurs investissements », assure-t-il. (AFP 24/6/13, AUTOACTU.COM, FIGARO 25/6/13)

Alexandra Frutos