La Csiam estime que le marché du véhicule industriel français est structurellement en baisse

Les dernières livraisons de véhicules aux normes Euro-5 commandés par anticipation en 2013 ayant été effectuées, le marché français des véhicules de plus de 5 tonnes ne bénéficie plus de stimulation artificielle. Au mois d’août, avec les seules immatriculations de véhicules aux normes Euro-6 (et quelques véhicules Euro-5), le marché a ainsi chuté de 15,2 %, à 1 594 unités. Cela représente près de 300 unités de moins par rapport à un mois d’août 2013 déjà sinistré (- 9,9 %). Sur les huit premiers mois de l’année, le marché a reculé de 9,4 %, à 24 115 unités (soit 2 500 de moins qu’en 2013).

Compte tenu des prévisions de croissance annuelle de l’économie française (- 0,4 %), qui influe directement sur celle du transport de marchandises, et la baisse du marché de la construction, la Csiam (Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle) prévoit désormais une chute de 15 % du marché sur l’ensemble de 2014, à 37 000 unités. Et pour 2015, les perspectives ne sont pas plus optimistes. « En se fondant sur le niveau actuel des commandes, nous anticipons un marché 2015 à 31 000 unités », indique Jean-Noël Thénault, président de Volvo Trucks et de la branche VI de la Csiam. Une prévision partagée par Iveco, tandis que Daimler et Scania estiment que le marché pourrait tout de même bénéficier de la demande de renouvellement et de la volonté des transporteurs de réaliser des économies en achetant des véhicules Euro-6 plus sobres. D’après les deux constructeurs, le marché pourrait plutôt marquer une reprise et atteindre 40 000 unités. Un niveau toutefois très en-deçà de celui qu’il avait atteint en 2005 (55 000 unités) ou 2008 (58 000 unités).

Pour autant, quel que soit le niveau du marché en 2015, « il faudra s’attendre dans le futur à des moyennes de renouvellement beaucoup plus faibles dans les années à venir », souligne M.Thénault. « Les transporteurs et les chargeurs ont appris à optimiser les chargements pour faire face à l’écotaxe. Chez les chargeurs, cela se traduit par un nouveau conditionnement des produits à transporter par exemple. C’est vrai également dans le secteur des travaux publics. Aussi, un transporteur qui double son activité n’a plus besoin de doubler sa flotte. Un plus un ne fait plus deux », explique-t-il.

Pour donner un coup d’accélérateur au marché, la Csiam appelle le gouvernement à mettre en place un dispositif de « modernisation du parc », qui se traduirait pas une aide à l’investissement. L’ancien ministre des Transports avait évoqué fin 2013 la solution d’une prime à la casse, qui avait retoquée par la Commission européenne parce qu’elle aurait été concomitante avec l’arrivée de la norme Euro-6. « De toute façon, nous n’étions pas favorables à une prime à la casse parce que nous n’aurions pas pu encourager les transporteurs à détruire des véhicules qui présentent encore une valeur de 10 000 ou 15 000 euros. Aujourd’hui, nous demandons une aide à l’investissement, mais le gouvernement nous répond qu’il n’a pas les fonds disponibles. L’achat de véhicules neufs s’accompagne pourtant d’une hausse de recettes pour l’Etat, notamment en TVA. Les discussions ne sont donc pas closes », explique Jean-Claude Girot, directeur des affaires publiques de Renault Trucks. (AUTOACTU.COM 12/9/14)

Alexandra Frutos