La Chine : meilleur espoir pour le marché automobile mondial ?

Selon l’Organisation Internationale des Constructeurs d’Automobiles (OICA), le marché automobile mondial devrait augmenter de 3 % en 2013. Les analystes du cabinet IHS estiment que les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) tirent vers le haut les ventes d’automobiles mondiales, rôle que tenaient auparavant les marchés matures.

Toutefois, les quatre pays qui composent les BRIC affichent des situations très différentes. En effet, en Russie, les ventes de véhicules neufs devraient reculer de 7 % cette année, à 2,7 millions d’unités, en raison non seulement de la fin des primes à la casse (qui portaient le marché) mais aussi du ralentissement de la croissance économique du pays.

En Inde, le marché automobile devrait diminuer en 2013 (pour la deuxième année consécutive), pour atteindre 3 millions d’unités. Cette baisse (- 7 %) est due notamment à la hausse des taux d’intérêts fixés par la Banque nationale d’Inde, mais aussi par le ralentissement de la croissance du pays et par la hausse des prix de l’essence, qui pénalise l’industrie automobile plus que tout autre secteur.

Les ventes au Brésil devraient en revanche rester stables cette année, mais elles sont alimentées par un accès très facile au crédit. Or, il s’agit d’une situation qui ne peut pas se prolonger de manière durable.

En Chine, néanmoins, les ventes d’automobiles devraient augmenter de 10 % en 2013 (estimations Moody?s) et sont appelées à doubler entre 2012 et 2019. Le marché automobile chinois équivaudrait ainsi à la fin de la décennie aux marchés américain et européen cumulés, selon le cabinet PricewaterhouseCooper. Cette bonne santé du marché chinois s’explique par le fait que les ménages chinois sont généralement peu endettés et par la hausse du salaire minimum dans le pays (+ 20 % en deux ans).

Malgré le net avantage de la Chine parmi les pays BRIC, on observe un ralentissement de la croissance du marché automobile chinois. En effet, les ventes d’automobiles en Chine devraient augmenter de 10 % en 2013, alors qu’on observait encore une croissance des ventes de 35 % en 2010. En outre, en 2014, la progression des ventes d’automobiles pourrait être inférieure à 10 %.

En outre, les marques chinoises ne parviennent toujours pas à rivaliser avec les constructeurs occidentaux et japonais. A titre d’exemple, il n’y a aucune marque chinoise au sein du classement Interbrand des 100 premières marques mondiales.

Pour améliorer leur compétitivité au niveau international, les constructeurs chinois s’associent donc à des partenaires étrangers, en fondant des coentreprises ou en acquérant des marques déjà installées, à l’instar de Geely qui a racheté Volvo ou de Chery qui a fondé la marque Qoros en collaboration avec la société israélienne Israel Corporation.

En plus de ces difficultés en termes de réputation, la Chine et les pays des BRIC dans l’ensemble ne sont plus nécessairement les seuls à représenter l’avenir de l’industrie automobile. En effet, selon une étude du cabinet britannique Ricardo, les « Rising 15 » sont appelés à dépasser les BRIC.

Les « Rising 15 » sont un groupe de pays en développement composé de la Turquie, la Malaise, le Mexique, l’Indonésie, la Thaïlande (formant le sous-groupe des « Top Flight » ou pays de 1er ordre), l’Egypte, l’Iran, l’Argentine, le Pérou, le Maroc, l’Ukraine (les « Up-and-coming » ou pays d’avenir), l’Afrique du Sud, le Nigéria, les Philippines et le Vietnam (les « Promising » ou pays prometteurs).

Ces 15 pays totalisent 1,2 milliard d’habitants et représentent déjà le troisième marché automobile mondial (en classement par régions), avec plus de 8,5 millions de véhicules vendus en 2012 (soit l’équivalent des ventes cumulées des 4 premiers marchés européens, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie). Selon le cabinet Ricardo, les « Rising 15 » sont donc des marchés clés pour l’industrie automobile à l’horizon 2025.

Cindy Lavrut