L'usine de Nosovice, un maillon clé du succès de Hyundai en Europe

Alors que la part de marché de Hyundai sur le marché européen a quasiment doublé en cinq ans, passant de 1,8 % en 2007 à 3,4 % actuellement, Allan Rushforth, vice-président de Hyundai Europe, a déclaré récemment que l'usine du constructeur coréen en République tchèque était au coeur de son succès en Europe.

L'usine de Nosovice, en activité depuis novembre 2008, a franchi au mois de mai le cap du million de véhicules produits. L’an dernier, sa production s’est élevée à 303 000 unités, en hausse de 21 % sur un an.

L’usine tchèque, dans laquelle Hyundai a investi 1,12 milliard d’euros, est l’une des usines les plus modernes, les plus compétitives et les plus productives en Europe. En 2012, chaque salarié a produit en moyenne 88 voitures, contre 83,6 pour les salariés de l’usine Nissan de Sunderland, une référence en la matière.

Le site de Hyundai, doté d’une capacité de production de 300 000 unités par an, emploie environ 3 500 personnes et fonctionne en trois équipes, cinq jours sur sept. Il est équipé d’une seule ligne d’assemblage sur laquelle sont fabriqués trois véhicules, la i30 et le monospace compact ix20 qui partagent la même plateforme, et le tout-terrain de loisir ix35. « Dans une même usine, sur une seule ligne, nous assemblons deux plateformes pour fabriquer cinq véhicules. Au total nous pouvons réaliser 60 versions différentes », souligne un membre de la direction de l’usine.

Le site bénéficie de plusieurs avantages :

Il emploie une main-d’?uvre jeune, qualifiée et peu coûteuse. L’âge moyen des salariés tourne autour de 30 ans, contre plus de 50 dans les usines des concurrents européens, et le salaire moyen est de 1 130 euros.

Il affiche un taux d’automatisation très élevé. 85 % des tâches à l’emboutissage sont automatisées, tandis qu’au ferrage une centaine d’employés encadrent les quelque 312 robots qui assemblent les éléments de la carcasse des véhicules.

Hyundai a en outre développé la construction par modules afin d’être le plus flexible possible, et accolé les ateliers de ses fournisseurs à l’usine principale. « Des convoyeurs permettent d’acheminer en temps réel les sièges ou les panneaux de bord assemblés chez les fournisseurs, ce qui permet d’éviter la rotation de 200 camions par jour et d’être beaucoup plus rapide », indique la direction.

Le site tchèque profite de la force de frappe du groupe automobile coréen, qui compte de multiples filiales. Une partie de l’acier est ainsi fourni par Hyundai Steel, certains éléments du châssis sont emboutis par Hysco tandis que les deux presses sont fournies par la filiale Hyundai Rotem. Trois autres filiales sont présentes sur le site : Mobis, qui fabrique quatre modules (phares, trains avant et arrière, et planche de bord), Dymos qui fabrique les sièges, et Glovis, qui gère la logistique. L’usine slovaque de Kia, ouverte en 2006 et située à moins de 100 kilomètres, fournit en outre les moteurs tandis qu’elle reçoit pour sa part des transmissions fabriquées à Nosovice.

Quinze autre fournisseurs sont implantés dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de l’usine de Nosovice et ce sont au total 10 500 emplois qui dépendent de celle-ci.

Hyundai pourrait doubler la taille de son usine tchèque, mais au vu de la conjoncture ce n’est pas d’actualité. Le constructeur a repoussé à 2017 son objectif d’atteindre 5 % du marché européen, un seuil qu’il comptait auparavant atteindre en 2015 puis en 2016. « Sur l’année, notre objectif est de maintenir notre part de marché », a indiqué M. Rushforth, ajoutant que la production à Nosovice « devrait tourner autour de 300 000 unités ».

Frédérique Payneau