L'ouverture de la Birmanie aux investisseurs attire les constructeurs d'automobiles (1/2)

Entourée de gros pays producteurs (Chine, Thaïlande, Malaisie?), la Birmanie reste encore un pays peu développé industriellement. Le début d’ouverture que connait le pays semble aussi se concrétiser par l’entrée de nouveaux investisseurs, à la faveur des réformes entreprises par le nouveau régime. L'ouverture, qui n'épargne aucun secteur depuis la dissolution de la junte en mars 2011, a fait de ce vaste pays coincé entre l'Inde et la Chine la nouvelle coqueluche des entrepreneurs. Les entreprises étrangères font désormais la queue pour participer au décollage annoncé d'un des pays les plus pauvres du monde, riche en ressources naturelles et fort d'un marché de plus de 60 millions de nouveaux consommateurs.

Les entreprises japonaises, en particulier, multiplient les investissements en Birmanie, après des décennies de régime militaire. Les sociétés nippones s'intéressent non seulement aux perspectives du nouveau marché birman mais aussi aux possibilités de renforcer leur implantation en Asie du Sud-Est, afin de s'émanciper d'une dépendance souvent importante à la Chine. Lors d'une visite en Birmanie début janvier, le ministre japonais des Finances, Taro Aso, a confirmé que le Japon annulerait au moins 300 milliards de yens (2,3 milliards d'euros) de dette birmane à l'égard de l'archipel. M. Aso a également annoncé l'octroi de prêts de 50 milliards de yens (400 millions d'euros) pour aider ce pays longtemps isolé sur la scène internationale à améliorer son système électrique et à développer ses zones rurales. Ces fonds doivent aussi permettre de financer la création d'un vaste parc industriel près de Rangoun, dont le développement via une coopération nippo-birmane constitue l'un des projets les plus ambitieux du pays après des décennies de gestion militaire.

Les constructeurs d’automobiles, notamment, séduits par le retour d’un climat politique et économique plus clément, ont récemment annoncé plusieurs projets d'installation commerciale ou industrielle en Birmanie. Mazda, Mercedes, Mitsubishi et Ford vont prochainement distribuer leurs véhicules sur le marché birman, par l'intermédiaire d'un partenaire local, tandis que Suzuki et Nissan ont décidé d'y démarrer une activité industrielle. La plupart des véhicules en circulation en Birmanie sont des modèles japonais d’occasion. 80 % du parc aurait plus de 10 ans.

Juliette Rodrigues