L'industrie automobile résiste à la morosité de l'industrie chinoise

L’industrie chinoise connait cette année un ralentissement. Ainsi, les surcapacités minent l’industrie du ciment ainsi que la filière des panneaux solaires. Dans le bâtiment, la Chine fait également face à des surcapacités immobilières. Par conséquent, l’économie chinoise n’a enregistré une croissance que de 7,4 % au premier trimestre (- 0,4 point).

Malgré ce ralentissement de la croissance, la demande d’automobiles est restée forte. En effet, sur les trois premiers mois de l’année, les ventes de véhicules légers ont progressé de 10 %, à près de 4,9 millions d’unités. En outre, à fin mars, les stocks des concessionnaires s’établissaient en moyenne à 41 jours, un niveau suffisamment bas pour ne pas risquer de surcapacités. De plus, en avril, les ventes de véhicules légers ont continué à progresser, avec une hausse de 12 %.

La bonne santé de l’industrie automobile par rapport aux autres activités industrielles en Chine s’explique notamment parce que les ventes de véhicules répondent à la loi de l’offre et de la demande alors que le volume de production dans les autres industries est uniquement dicté par le gouvernement central.

En effet, en Chine, le gouvernement détient encore la majorité des terrains, ainsi que les principales banques et un grand nombre de groupes industriels majeurs. En prenant l’exemple du secteur immobilier, au moment de la réforme économique et afin de nourrir la croissance économique chinoise, le gouvernement central a fourni des terrains à bon marché à des agents immobiliers, tout en leur concédant des prêts avantageux. De ce fait, l’immobilier s’est rapidement trouvé en situation de surcapacités, avec une offre dépassant la demande.

A l’inverse, les ventes de véhicules dépendent uniquement de la demande des consommateurs privés. En effet, l’an dernier, les constructeurs présents en Chine ont vendus quelque 18 millions de véhicules légers, dont seules 500 000 unités ont été acquises par des agences gouvernementales.

De plus, le gouvernement central a peu d’influence sur la production automobile, étant donné que la majorité des constructeurs sont des groupes étrangers (ou des coentreprises avec ces mêmes groupes) ou des entreprises privées.

Enfin, en Chine, le taux de motorisation reste très bas, environ 60 voitures pour 1 000 habitants. En outre, actuellement, 82 % des acheteurs de voitures en Chine sont des primo-acquérants. Le potentiel de développement est donc immense, même si le taux de croissance a ralenti ces dernières années.

Cindy Lavrut