L'industrie automobile japonaise entre dans une phase de consolidation

Depuis ne nombreuses années, le Japon compte huit constructeurs automobiles (Toyota, Nissan, Honda, Mazda, Mitsubishi, Suzuki, Daihatsu et Subaru). Dans les prochains mois, après le rachat complet de Daihatsu par Toyota et la probable prise de contrôle de 34 % de Mitsubishi Motors par Nissan, ils ne devraient être plus que six. Les différents rapprochements en cours ne devraient laisser que trois ou quatre géants d’ici à 2020, estiment les analystes.

Après avoir résisté au mouvement de consolidation qui a bouleversé leurs concurrents européens et américains, les marques japonaises se retrouvent, à leur tour, contraintes de repenser leurs stratégies, observent Les Echos. Il y a quelques semaines, en annonçant le lancement de négociations avec Suzuki, Akio Toyoda, président directeur général de Toyota, a expliqué que les bouleversements de l'industrie automobile contraignaient tous les acteurs à envisager des rapprochements pour mettre en commun leurs forces. "La course technologique a accéléré à un rythme que l'on n'avait encore jamais vu et il y a des limites à ce qu'une entreprise peut gérer seule", a expliqué M. Toyoda. De son côté, Osamu Suzuki, président du constructeur éponyme, souligne son inquiétude face à la flambée des coûts de R&D imposée par l'arrivée des véhicules autonomes, les nouvelles normes environnementales et les nouvelles énergies.

En mai dernier, Carlos Ghosn, président de Nissan, avait lui aussi prédit une phase de consolidation. "Si vous êtes petits, vous allez être très vulnérables", avait déclaré M. Ghosn lors de l'annonce de l'investissement de 2,2 milliards de dollars de Nissan dans Mitsubishi Motors. M. Ghosn avait alors évoqué la fragilité de certains acteurs japonais, dont la croissance n'est portée que par un nombre de marchés très limité, rappellent Les Echos. Honda et Mazda pourraient en effet se retrouver isolés dans ce nouveau panorama de l'industrie automobile japonaise. Les deux marques pourraient toutefois envisager de nouer des liens capitalistiques avec leurs partenaires techniques actuels (Mazda et Toyota ont annoncé qu'ils allaient accélérer leurs partenariats technologiques dans les voitures propres, tandis que Honda souhaite renforcer ses co-développements avec General Motors, notamment dans les voitures à hydrogène).

Juliette Rodrigues