L’industrie automobile française retrouve des couleurs

Constructeurs et équipementiers ont continué de sortir de l'ornière l'an dernier en France. D’après le dernier AutoIndex publié par le cabinet Strategy& (anciennement Booz & Company), l'indice de santé général du secteur automobile a progressé de 5,3 % en 2014, passant d'un indice 100 à la fin de 2013 à un indice 105 fin 2014. Le phénomène s’explique à la fois par l'augmentation de la valeur de la demande, la hausse de la production et le bond des capitalisations boursières de nombre d'acteurs.

Sur l'exercice écoulé, la valeur de la demande du marché automobile français a gagné un peu plus de 1 %, à 79 milliards d'euros, une valeur issue des ventes de VN pour 51 milliards d'euros et des ventes de pièces et services pour 16 milliards d'euros. Le solde s'est réparti entre les marges de ventes de VO et les intérêts sur trois ans des financements VN. « Si la croissance des ventes de véhicules neufs - VP + VUL - a été de 0,5 % en volume et de 1,3 % en valeur, le marché automobile français reste toujours bien loin de son pic de 2011 », rappelle Strategy&. Le cabinet de conseil n'en estime pas moins que la situation continuera de s'améliorer en 2015 : il s'attend à ce que les immatriculations de VP et de VUL progressent de 3,3 % cette année.

Côté production, Strategy& prévoit une hausse de 1,2 % en 2015. Cette évolution ne permettra pourtant pas de combler l'écart entre le taux d'utilisation des usines françaises et celui des usines allemandes, anglaises ou espagnoles. Il était de seulement 67 % en 2014, contre 88 % en Allemagne, 81 % au Royaume-Uni et 75 % en Espagne. « Il faudra attendre 2017 pour atteindre à nouveau 80 % en France », estime Strategy&. Pour le cabinet de conseil, il faudra attendre des lancements importants tels que celui du nouveau Renault Scénic en 2016 ou des transferts de production comme celui de la Nissan Micra en 2016 et de l'Opel Zafira en 2017 pour repasser la barre des 2 millions de véhicules produits en France.

Il n'en demeure pas moins que la production française a retrouvé des couleurs l'an dernier : la production de VP et de VUL y a progressé de 4,3 %, à 1,83 millions d’unités. La valeur de cette production a augmenté de 4,9 %, à 50 milliards d'euros, avec 36 milliards à mettre à l'actif de la production de véhicules et 14 milliards au titre de la production de pièces et équipements.

Autre élément explicatif de la hausse de l'indice de santé général de l'industrie automobile française en 2014 : l'évolution de la capitalisation boursière des entreprises cotées à Paris. Celle de Renault est passée de 17 à 18 milliards d'euros, celle de Valeo de 7 à 8 milliards et celle de Faurecia de 3 à 4 milliards, aucune évolution n'ayant été enregistrée chez PSA Peugeot Citroën (8 milliards), Michelin (14 milliards) et Plastic Omnium (3 milliards). Au total, la capitalisation de ces sociétés est passée de 52 milliards d'euros fin 2013 à 56 milliards d'euros à la fin de 2014. (JOURNALAUTO.COM 25/3/15)

Alexandra Frutos