L'industrie automobile est en fête au Salon de Detroit (1/2)

Le Salon de l’automobile de Detroit s’est ouvert le 12 janvier dans un climat de confiance et de sérénité, après une bonne année pour l'industrie automobile américaine. L’édition 2015 du grand salon automobile international n’a pas failli à la tradition, avec une rafale de nouveautés présentées par les grands constructeurs américains et étrangers. Cette année, sur fond d’optimisme, Detroit renoue avec la tradition automobile américaine. Le salon fait la part belle aux grosses voitures et à la puissance.Il faut dire que le contexte est très favorable et que la crise qui avait fait vaciller les constructeurs américains en 2009 n’est plus qu’un lointain souvenir. Les ventes de véhicules légers aux Etats-Unis sont sur une courbe ascendante depuis cinq ans. Elles ont retrouvé l'an dernier les niveaux d'avant-crise, avec 16,5 millions d'unités immatriculées (+ 6 %), et devraient augmenter à nouveau cette année. La baisse des cours du pétrole dope le pouvoir d’achat des ménages et les taux d’intérêt bas conduisent les acheteurs dans les concessions. Avec un gallon (3,78 litres) d’essence autour de 2 dollars, contre plus de 3 il y a un an, les automobilistes se préoccupent moins de leur budget carburant et il est tentant pour les constructeurs de proposer à nouveau des gros véhicules gourmands en carburant.Cette tendance répond d’ailleurs à une évolution du marché. L’an dernier, les ventes d’utilitaires légers ont progressé et représenté 52,2 % du marché américain. A l’inverse, les ventes d’hybrides ont reculé de 9 %. Alors que les constructeurs présents aux Etats-Unis devront diviser par deux la consommation moyenne de leurs véhicules d’ici à 2025 par rapport à 2008, les comportements ont commencé à se relâcher. « Depuis trois mois, les préférences des consommateurs ont changé dans tout le pays. Des petits tout-chemin de loisir et des voitures moyennes, on est passé à de gros utilitaires, des 4x4 et même des voitures de luxe », observe Alec Gutierrez, spécialiste du marché chez Kelley Blue Book. « Cette tendance est durable parce que l’on s’attend à ce que les prix de l’essence restent bas au moins pendant encore six mois », ajoute-t-il.

Frédérique Payneau