L'industrie automobile chinoise est alimentée par les subventions

La Chine dépense des milliards de yuans chaque année en subventions afin d’aider les constructeurs locaux (qui sont au total plus de 170 dans le pays). A titre d’exemple, 22 constructeurs chinois cotés en Bourse (dont BYD, FAW, Changan, Great Wall, GAC, Dongfeng ou encore Geely) ont reçu en 2013 4,59 milliards de yuans d’aides de la part de l’Etat et des gouvernements locaux. Ce montant est en hausse de 76 % par rapport à 2011.

Ces aides se présentent sous forme d’investissements, d’aides fiscales, de contrats prévoyant l’achat de véhicules du constructeur concernés, etc. Ils sont en outre réalisés à l’échelle locale (municipale et provinciale) et à l’échelle nationale. Il existe également des aides à l’achat profitant directement aux automobilistes, qui dopent les ventes des véhicules, notamment électriques.

Ainsi, la diversité des aides et subventions qui peuvent être accordées aux constructeurs chinois rend difficile à estimer le montant réel de ces aides. Le gouvernement central à lui seul a investi 13,8 milliards de yuans pour promouvoir les véhicules à énergies alternatives en 2011, montant auquel s’est ajouté 2,9 milliards de yuans supplémentaires en 2012.

Le nombre élevé des diverses subventions s’expliquent également par une sorte de concurrence entre les différents gouvernements locaux qui veulent promouvoir les constructeurs de leur province et créer des emplois dans leur région.

En outre, ces aides ne proviennent pas uniquement des gouvernements locaux et du gouvernement central chinois. En effet, les constructeurs américains et européens investissent également en Chine afin d’accroître leurs capacités.

L’objectif de ces différentes subventions et investissements est d’obtenir une industrie automobile moderne, à la pointe de la technologie, afin de concurrencer les industries automobiles européenne et américaine.

Le problème est que, si ces aides favorisent une croissance rapide, elles empêchent la consolidation de l’industrie automobile chinoise. En outre, elles développent les capacités de production des nombreux constructeurs locaux et accroissent donc le risque de voir apparaître des surcapacités en Chine. Elles peuvent enfin favoriser des petits constructeurs au détriment de plus grands groupes qui auraient ? sans cette concurrence ? la possibilité de devenir compétitifs au niveau international.

Cindy Lavrut