"L'image de l'Industrie auprès des jeunes doit encore s'améliorer", révèle un baromètre des Arts-et-Métiers/L’Usine Nouvelle

Diversité, variété, responsabilité, en prise avec les évolutions de la société et de l’économie : telles sont les caractéristiques premières des métiers de l’industrie. Ils supposent une réelle aptitude au changement et à l’innovation, un goût marqué pour un savoir-faire de haute qualité et une ouverture à l’international. Une carrière dans l’industrie se fonde sur des compétences renouvelées à mesure des fonctions exercées et implique des formations régulières.

Alors que la Semaine de l'Industrie (quatrième édition du 7 au 13 avril 2014) est devenue le rendez-vous annuel des industriels et de leurs partenaires pour proposer au grand public, et notamment aux jeunes et aux demandeurs d'emploi, de (re)découvrir l’Industrie et ses métiers, un baromètre des Arts-et-Métiers et de L’Usine Nouvelle mesurant la perception de l’industrie par les lycéens révèle que celle-ci présente un handicap d’image par rapport aux autres secteurs auprès des jeunes qui la méconnaissent. A l'inverse, ceux qui la connaissent l'apprécient et pourraient y travailler comme ingénieur. Plus que jamais, faire découvrir les métiers de l'industrie est indispensable.

Entre les lycéens de section scientifique et technologique et l’industrie, ce n’est ni la passion ni davantage la haine. Et pour cause, ils ne se connaissent pas bien. Ainsi, 69 % des lycéens interrogés déclarent avoir une bonne image de l’industrie (10 % ont une très bonne opinion et 59 % une assez bonne opinion). C’est un résultat correct. Toutefois, c’est près de 10 points de moins que les métiers de services (77 %) et 20 de moins que ceux du commerce et de l’artisanat (87 %). L’image de l’industrie est meilleure auprès des garçons (71 %) que des filles (66 %), des élèves de série technologique (73 %) que scientifique (67 %), en Ile de France (73 %) que dans le reste de la France (67 %). Quand on demande aux jeunes si un produit est ou non industriel, l’automobile reçoit 100 % des réponses, devant un smartphone (91 %), un pack d’eau minérale (71 %) ou un parfum (68 %). Rien d’étonnant donc si les lycéens qui ont une image négative évoquent d’abord l’image "des usines qui ferment", "les licenciements" (20 %), "un secteur qui manque de compétitivité, qui est en déclin" (17 %). Et ils sont seulement 25 % à considérer qu’il est facile de décrocher un emploi dans la filière de l’industrie. A l’inverse les fans de l’industrie pointent qu’elle est "un secteur d’avenir" (18 %), qu’elle est "source de progrès et d’innovation" (18 %).

En outre, les jeunes lycéens ont une image négative des entreprises industrielles, qui "ne respectent pas l’environnement" pour 70 % des personnes interrogées, qui "ne sont pas respectueuses de leurs salariés" (61 %) et qui "n’offrent pas de bonnes rémunérations" (54 %). Paradoxalement, avec ces résultats plus que mitigés sur l’industrie, 46 % des lycéens souhaiteraient faire des études d’ingénieur, les garçons (58 %) sont plus nombreux que les filles (27 %), les élèves issus de filières technologiques (50 %) que les scientifiques (45 %). De même 45 % des lycéens déclarent qu’ils aimeraient travailler dans l’industrie. Les secteurs qui attirent le plus les jeunes sont les énergies renouvelables (49 %), les équipements électriques, électroniques et numériques (42 %), la construction aéronautique ou spatiale (40 %), la chimie (27 %), l’automobile (17 %).

L’étude des Arts-et-Métiers/Usine Nouvelle, réalisée par OpinionWay auprès d’un échantillon de 507 lycéens représentatifs de la population des lycéens en série S et technologique, confirme qu’un des handicaps de l’industrie reste la méconnaissance du secteur et de ses métiers. 39 % des lycéens disent bien connaître les métiers de l’industrie, 35 % les formations qui y conduisent. Si le métier d’ingénieur arrive en tête des métiers, ce n’est pas un hasard, mais la récompense de l’action des écoles. 63 % des lycéens estiment qu’elles informent convenablement et ils sont 53 % à déclarer qu’ils pourraient rejoindre les bancs de l’une d’entre elles pour travailler dans l’industrie, 19 % envisagent de rejoindre un BTS et 16 % un IUT.

Juliette Rodrigues