L’éthanol brésilien, en crise, craint de ne pas répondre à la demande future (2/2)

Outre la consommation interne, l’horizon s’assombrit également du côté des exportations. La hausse du cours du réal face au dollar ces derniers mois a réduit la compétitivité de l’alcool brésilien. Les Etats-Unis, qui absorbent 70 % des exportations d'éthanol du Brésil, envisagent pour la première fois de diminuer la proportion obligatoire d’alcool dans les carburants. "Les exportations en 2013-2014 vont être inférieures à l’an passé, avec 2,6 milliards de litres environ contre 3,4 milliards en 2012-2013", anticipe Antonio de Padua Rodriguez, directeur technique de la principale association d’industriels du secteur, Unica.

A terme, la capacité de production du Brésil est menacée. "Pour faire des économies, les usines pourraient sacrifier le renouvellement des plantations, comme elles l’ont fait en 2009-2011. Cela risque d’entamer encore plus le rendement de la canne et la concentration en sucre ces prochaines années ", estime en outre la banque Macquarie. Faute de nouvelles politiques de soutien au secteur, "la demande potentielle sera supérieure aux capacités d’ici à 2020", redoute de son côté Plinio Nastari, président du cabinet Datagro.

"Nous estimons que la région Centre-Sud, première région sucrière du pays, peut broyer un maximum de 600 millions de tonnes de canne (...), ce qui impose une limite ferme à la quantité de sucre (ou d’éthanol) que l’on peut attendre du Brésil sur le long terme", poursuit la banque Macquarie, qui prévoit qu’une partie de la récolte puisse rester sur pied dès 2014. Le secteur de la canne à sucre emploie 1,2 million de Brésiliens, sur une population de 200 millions d’habitants.

Juliette Rodrigues