L'état des routes allemandes et le problème de leur financement (2/2)

Selon l’ADAC, les réparations nécessaires sur les routes du seul réseau communal représenteraient un coût total de 3 milliards d’euros. En outre, le péage autoroutier (qui ne concerne en Allemagne que les poids lourds) ne finance pas le réseau communal ; en effet, les municipalités ne touchent pas d’argent provenant des recettes de ce péage.

En outre, bien que les routes soient de plus en plus usées et nécessitent donc un entretien de plus en plus coûteux, les municipalités, les Länder et l’Etat fédéral investissent de moins en moins dans les infrastructures routières.

Ainsi, en 2010, les recettes liées à l’automobile représentaient 53 milliards d’euros (dont 33,7 milliards provenaient de la taxe sur les carburants, 8,5 milliards d’euros de la taxe à l’achat d’une voiture, 4,5 milliards du péage autoroutier pour les poids lourds et 6,3 milliards d’autres sources).

Toutefois, seuls 20 milliards d’euros ont été débloqués pour les infrastructures routières. Sur ces 20 milliards d’euros, 10 milliards proviennent des Länder et des villes et 10 milliards de l’Etat fédéral. Sur la somme allouée par l’Etat, 5,4 milliards d’euros sont consacrés aux autoroutes (et 2 milliards d’euros à l’entretien du réseau routier dans son ensemble). Ainsi, seuls 14 milliards d’euros sur les 53 milliards d’euros de recettes sont réinvestis dans l’entretien et la construction de routes communales et régionales.

A titre d’exemple, la ville de Stuttgart perçoit 54,5 millions d’euros de la part du Land (au titre de la péréquation des charges entre Länder, arrondissements et communes) et engrange en outre 23 millions d’euros grâce aux procès-verbaux. Néanmoins, la ville n’investit que 1,5 million d’euros pour la construction de nouvelles routes et 8 millions d’euros pour l’entretien du réseau existant. Le reste du budget finance notamment le transport ferroviaire, fluvial et aérien.

Cindy Lavrut