L’équipementier automobile espagnol Gestamp prépare son entrée en Bourse

L’équipementier automobile espagnol Gestamp a annoncé qu'il allait ouvrir son capital à hauteur d'au moins 25 % au deuxième trimestre de 2017. L'opération valoriserait la société à 3,7 milliards d'euros et permettrait de lever près de 1 milliard d'euros. Il s'agit d'une des plus grosses entrées en Bourse en Europe depuis le début de l'année. Cette annonce, attendue depuis des semaines, a été faite quelques jours après la présentation des résultats du groupe. Gestamp a réalisé un chiffre d'affaires de 7,5 milliards d'euros en 2016, en hausse de 7,3 %, et un bénéfice de 221 millions (+ 37 %). Son résultat brut d'exploitation (Ebitda) a bondi de 10,6 %, à 841 millions. Ces performances devraient attirer de nouveaux actionnaires dans l'entreprise, contrôlée jusqu'à présent par la famille fondatrice Riberas. Celle-ci possède 86 % du capital aux côtés du groupe japonais Mitsui, lequel en a acquis 12,5 % l'an dernier, alors que le 1,5 % restant revient aux salariés. "Se convertir en une entreprise cotée est le pas naturel suivant de notre trajectoire de croissance", a commenté le président directeur général du groupe et fils du fondateur, Francisco J. Ribeiras. Installé à Burgos, dans le nord de l'Espagne, Gestamp s'est spécialisé dès l'origine dans la conception et la fabrication de composants métalliques pour l'automobile, pièces de carrosserie et châssis. Avec le groupe Antolin, il fait partie des fournisseurs qui ont donné sa vitalité au secteur automobile espagnol. Gestamp a d'ailleurs rapidement élargi son périmètre à tous les groupes présents dans la péninsule, comme PSA à Vigo, Renault à Valladolid ou Ford à Valence. Le groupe est présent dans une vingtaine de pays et compte 98 sites de production, dont 7 en France, en plus de ses 12 centres de recherche. Le plus fort de cette croissance éclair a eu lieu pendant les années de crise, qui lui ont permis de mener une série d'achats stratégiques comme celui de Edscha, en 2010, puis de TKMF, la division de composants métalliques de ThyssenKrupp, en 2011, ce qui lui a ouvert de nouveaux marchés. (ECHOS 14/3/17)

Juliette Rodrigues