L’automobile devrait rester un acteur clé du commerce mondial

Une étude publiée par Euler Hermes sur les nouvelles opportunités de croissance à l’international, intitulée « Les routes du commerce mondial : ce qui a changé, ce qui va changer ? », révèle que, parmi les 7 secteurs étudiés, les constructeurs d’automobiles seront les deuxièmes contributeurs en valeur à la hausse du commerce mondial attendue sur la période 2012-2015 (le potentiel de demande supplémentaire dans les 7 secteurs est estimé à 630 milliards d’euros ou 820 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB d’un pays tel que les Pays-Bas). Ils devraient ainsi accaparer 169 milliards de dollars de demande additionnelle d’ici à 2015, ce qui représente une hausse de 22 % entre 2012 et 2015.

Les équipementiers automobiles devraient bénéficier pour leur part d’une demande additionnelle de 68 milliards de dollars, en augmentation de 15 %. La chimie sera toutefois le secteur qui devrait le plus profiter du potentiel de développement du commerce mondial.

D’après cette étude, dans le seul domaine de l’automobile, la Chine n’arrivera pas en tête des pays où les potentialités d’importations seront les plus élevées en valeur entre fin 2012 et fin 2015. Elles seront plus élevées aux Etats-Unis et au Canada, ces deux pays devançant largement la Chine, l’Allemagne, l’Australie, le Mexique et la Russie. « Le Mexique est devenu l’usine des Etats-Unis et du Canada », explique Yann Lacroix, responsable études sectorielles chez Euler Hermes. Pour preuve : 80 % des exportations de voitures mexicaines se font en direction de ces deux pays (63 % des exportations allemandes se font, elles, vers Europe).

La troisième place de la Chine s’explique par le fait que, vu l’importance de ce marché, des investissements massifs de production y ont été effectués localement, réduisant d’autant les échanges à l’international. « La crise a généré la mise en place de protections douanières réduisant les échanges au profit d’investissements locaux », souligne Euler Hermes, ajoutant par ailleurs que les protections douanières les plus significatives ont été mises en place au Brésil et en Russie. « La tendance pour les années à venir restera, pour des raisons économiques et financières, de concentrer la production sur les zones de consommation limitant l’activité à la grande exportation », conclut l’assureur-crédit. (JOURNALAUTO.COM 19/6/13)

Alexandra Frutos