L’augmentation du temps de travail dans l’usine Smart d’Hambach pourrait être soumise à un référendum

Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires, la direction de l’usine Smart d’Hambach lie les augmentations générales à une hausse du temps de travail pour réduire les coûts de production. Le 22 juillet avait lieu la sixième réunion de négociation avec les représentants des salariés. Les propositions de la direction ont été améliorées sur un point : l’augmentation générale qui, dans la version précédente, était étalée sur 2 ans (60 euros en 2016 et 60 euros en 2017), serait acquise dès 2016 (octobre 2015 plus précisément) avec une augmentation de salaire de 120 euros par mois. Sur les autres plans, les choses n’ont pas varié avec une prime de 1 000 euros qui serait versée en deux fois : 500 euros en octobre 2015 et 500 euros en octobre 2016.

En échange, le temps de travail serait ramené sur 2 ans de 35 à 39 heures : 37 heures en 2016 et 39 heures en 2017 pour les opérateurs. Les Etam et cadres renonceraient à leurs jours de RTT sur deux ans, la moitié en 2016 (3 pour les Etam, 5 pour les cadres), l'autre moitié en 2017 (3 et 5 jours également). Un retour aux 35 heures est prévu pour 2020.

A l’issue de la réunion, les syndicats et la direction se sont séparés sur le projet de se revoir après les congés d’été (l’usine sera fermée les trois premières semaines d’août) pour une prochaine réunion la dernière semaine d’août. Cette réunion pourrait être consacrée à l’organisation d’un référendum.

Alors que l’usine d’Hambach produit désormais la troisième génération de la Smart Fortwo, ces négociations visent à donner un signe fort à la direction de Daimler pour pérenniser les emplois sur le site français alors que la variante à quatre places est fabriquée dans l’usine slovène de Renault, dont les coûts sont inférieurs.

La menace de suppressions de postes est surtout sensible pour les Etam et cadres (salariés « indirects », dans la terminologie du constructeur, par opposition aux opérateurs salariés « directs »), soit 350 salariés sur les 800 que compte le site. L’avenir des salariés est également largement conditionné à la réussite commerciale de cette nouvelle génération de la Smart Fortwo. Alors que la production de l’usine, dans sa meilleure année au moment du lancement de la marque aux Etats-Unis en 2008, était montée à près de 150 000 voitures, elle tourne actuellement autour de 90 000 unités par an. Avec une production comprise entre 120 000 à 130 000 voitures, l’avenir des salariés serait plus serein, souligne AUTOACTU.COM (23/7/15).

Alexandra Frutos