L’augmentation de capital de PSA a été menée à bien

L'augmentation de capital de 3 milliards d'euros de PSA Peugeot Citroën s'est achevée le 14 mai. Cette recapitalisation marque un tournant dans l’histoire du groupe puisque, pour la première fois en deux cents ans, la famille Peugeot, qui détenait jusqu'à présent 25,4 % du capital et 38,1 % des droits de vote du constructeur, devra partager le pouvoir. Elle voit sa part réduite à 14,1 % du capital, soit le même niveau que l'Etat français et Dongfeng, sans droit de vote double. Une clause de « stand-still », qui court sur dix ans, prévoit qu'aucun des trois actionnaires ne pourra monter au capital sans l'assentiment des deux autres.

« Nous sommes dans la continuité, avec une présence forte de la famille. Nos sociétés familiales disposent de trois représentants au conseil dont un censeur - contre 4 sièges auparavant - et je continue à présider le comité stratégique. Nous avons une tradition très longue dans l'automobile, que nous souhaitons conserver. La société porte notre nom, et nous sommes responsables vis-à-vis des 200 000 salariés du groupe. Nous assumons tout cela », explique aux ECHOS (15/5/14) Robert Peugeot, président de la Foncière et Financière de Participations (FFP), la holding de la famille Peugeot.

Le dirigeant déclare que sa famille n’a pas l’intention de se désengager de PSA. « Notre investissement actuel le prouve. Nos sociétés familiales ont injecté 142 millions d'euros lors de la dernière recapitalisation. Et en y ajoutant l'augmentation de capital avec General Motors et les différentes émissions obligataires convertibles de ces dernières années, on arrive à 352 millions d'euros d'investissement au total. Autant d'efforts que nous avons pu mener grâce à la stratégie de diversification de FFP. J'ai toujours pensé qu'un actionnaire de long terme ne pouvait exister qu'à la condition de disposer de ressources propres », indique-t-il.

« En 2002, lorsque j'ai pris la tête de FFP, les investissements de FFP, hors participation dans PSA, se montaient à 225 millions d'euros seulement. Aujourd'hui, à fin 2013, ils sont valorisés à 1,6 milliard d'euros. Si nous n'avions pas suivi cette stratégie, nous n'aurions, évidemment, pas pu réinvestir dans PSA aujourd'hui », ajoute M. Peugeot.

Alexandra Frutos