L'assurance automobile commence à se mettre aux objets connectés

Les objets connectés ont commencé à se faire une place dans le monde de l'assurance, mais presque exclusivement dans le domaine de l'automobile, indique une étude du cabinet Roland Berger et de l'association spécialisée dans les services financiers Efma publiée fin mars et relayée par l’AFP. A l'inverse, les segments de l'habitation et de la santé ne proposent pratiquement aucune offre en lien avec ces objets, souligne cette étude menée dans huit pays européens (Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, France, Suisse, Portugal, Espagne et Italie).

Les objets connectés, aussi appelés l'internet des objets, peuvent par exemple être des capteurs installés au domicile, des pèse-personnes ou des accessoires analysant la manière de conduire, utilisés avec des applications sur smartphone. C'est dans le domaine de l'automobile que les offres connectées sont le plus développées : 21 des 35 principaux assureurs européens en proposent une, soit bien davantage qu'au niveau de l'habitation ou de la santé. Parmi ces 21 compagnies d'assurances, aucune ne propose cependant une offre « pay as you drive », qui prévoit de moduler le tarif payé - à la hausse ou à la baisse - en fonction du style de conduite. A l'heure actuelle, elles sont en revanche 15 à avoir opté pour un système récompensant l'assuré avec des remises de prix par exemple. Pour les 6 autres, la solution connectée n'a aucun impact sur le montant payé.

L'Italie et le Royaume-Uni sont les pays les plus avancés parmi les huit pris en compte, avec les cinq premiers assureurs qui ont une offre automobile en lien avec une solution connectée. En France, trois des cinq premières compagnies proposent elles aussi une offre, mais seulement une l'agrémente d'une éventuelle baisse de prix. Le groupe italien Unipol est le grand leader de ce segment en Europe puisqu'il représente la moitié des contrats reposant sur la télématique.

L'assurance connectée est un secteur limité mais toutefois prometteur : dans l’automobile, elle devrait représenter 7 % des affaires nouvelles en 2017 et monter à 34 % en 2025. Les progressions seront toutefois moins importantes dans l'habitation (2 % des affaires nouvelles en 2017 et 15 % en 2025) et dans la santé (4 % des affaires nouvelles en 2017 et 21 % en 2025).

Alexandra Frutos