L’agence de notation extra-financière CDP donne à PSA la note maximale pour la transparence de ses informations en matière de RSE

L’agence de notation Carbon Disclosure Projet (CDP) travaille pour le compte de 822 investisseurs qui représentent 95 000 milliards de dollars d’actifs. Elle interroge chaque année les entreprises pour juger de la qualité de leur engagement RSE, en particulier face au changement climatique. Cet enjeu a pris une importance toute particulière depuis les révélations sur les manipulations des résultats des émissions NOx et également CO2 du groupe Volkswagen. Dans le classement diffusé cette semaine par CDP pour l’année 2014, PSA Peugeot Citroën obtient la note de 100/100 pour la transparence de ses informations et la note de A- (sur une échelle de A à E) pour la performance des actions menées.

« La responsabilité environnementale est très ancrée dans la culture de PSA et elle va de pair avec la transparence. Nous avons un dispositif interne avec 12 experts de premier niveau au sein des directions métiers qui sont des spécialistes de leurs domaines et sont mes relais dans l’entreprise », explique Karine Hillaireau, responsable RSE au sein du groupe PSA, qui gère les relations avec ces agences de notation. Le 100/100 dans les résultats de cette année « salue le travail que nous faisons pour mettre à disposition une information fiable », le A- (un cran en dessous de la note maximale) « est lié au fait que nous avons une marge de progression en économie circulaire », précise-t-elle.

Pour entrer dans ce classement, les entreprises doivent communiquer un grand nombre d’informations précises et prendre des engagements qui doivent être contrôlés chaque année. Dans le cadre de la RSE du groupe PSA, l’enjeu majeur stratégique est la réduction des émissions de CO2 de ses véhicules. Le constructeur annonce l’engagement de baisser de 30 % les émissions de CO2 de ses véhicules entre 2012 et 2025, en s’appuyant sur le déploiement des moteurs Blue HDi et Pure Tech, ainsi que sur le « lancement d’un projet de chaîne de traction hybride plug in (PHEV) essence pour les gammes Europe et Chine au-delà de 2018 », explique le groupe.

Les informations recueillies par ces agences étant destinées à éclairer les investisseurs, ces engagements RSE doivent également être chiffrés et PSA estime par exemple que le déploiement des chaînes de traction hybride rechargeable pourrait accroître son chiffre d’affaires de 4 % à 5 %.

Concernant ses usines, PSA se fixe un objectif 2022 de consommation de 1,92 Mwh par véhicule produit (hors fonderie, l’objectif est à 1,68 Mwh par véhicule), avec une situation à 2,09 Mwh par véhicule en 2014. Le groupe annonce par ailleurs que les économies de la dépense énergétique ont été de 33 millions d’euros en 2014, la démarche RSE contribuant également au plan Back in the Race.

« Toutes les informations que nous publions sont vérifiées par un audit réalisé par le cabinet Grant Thornton, gage de la crédibilité de ce rapport », précise Mme Hillaireau. La notation du groupe a également progressé dans les classements d’autres agences, avec notamment la note B en 2015 (au lieu de B- en 2014) dans le classement de l’agence allemande Oekom, qui place PSA en tête. L’agence Vigeo est une autre référence de poids puisque le constructeur y obtenait déjà le meilleur score sur le plan environnemental avec 60/100. A noter que, même avant l’affaire Volkswagen, l’agence Vigeo ne donnait pas une bonne note au constructeur allemand. Dans un communiqué publié fin septembre, annonçant sa dégradation, l’agence française de notation disait : « Jusqu’à ce jour, Vigeo estimait la performance générale de Volkswagen comme ?limitée?, avec un score de 48/100, en retrait par rapport à ses pairs du secteur de la construction automobile ». Pour Vigeo, toujours selon ce communiqué : « En matière d’engagement environnemental, un domaine de plus en plus réglementé et sur lequel l’ensemble des constructeurs automobiles se savent spécifiquement observés, la performance de Volkswagen dans le rating de Vigeo était inférieure à celle de ses homologues, les leaders étant PSA Peugeot Citron, Fiat et Renault ». Le score global de Volkswagen est aujourd’hui de 30/100 dans ce classement.

Si, l’affaire Volkswagen et la COP21 remettent en lumière les questions de RSE, PSA insiste sur son engagement de longue date sur cette démarche. « L’initiative que nous avons prise le 26 octobre de publier les consommations de nos véhicules en usage client n’est pas de l’opportunisme. C’est une initiative en cohérence avec notre démarche RSE, c’est ce que saluent aussi les agences de notation », explique Karine Hillaireau.

Pour les investisseurs, ces notations sont utilisées comme les notations financières dans une logique de maîtrise des risques dans le cadre de leur politique d’investissement. Ainsi 10 % du capital de PSA est détenu par des fonds ISR (investissements socialement responsables), qui se sont notamment engagés à financer des entreprises peu émettrices de carbone. (AUTOACTU.COM 6/11/15)

Alexandra Frutos