L’achat de voitures neuves sur la toile, bientôt une réalité ? (2/2)

La prudence des constructeurs s'explique, d’après Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile, par le fait qu'ils doivent faire vivre leur réseau commercial. « Le véritable obstacle est de savoir comment articuler des ventes en ligne avec le réseau physique, sans que ça pénalise ni l'un ni l'autre », commente-t-il. Pourtant, « je suis convaincu qu'en vendant des voitures en ligne, on vendrait plus de voitures. Quand on a un consommateur qui hésite, des offres bien pensées sur le plan marketing auraient toutes les chances de réussir », estime-t-il.

François Mary, vice-président de la branche « concessionnaires véhicules particuliers » au CNPA (Conseil national des professions de l'automobile), n'est en revanche pas convaincu de la pertinence de ce canal de vente. « Est-ce que le consommateur est prêt à acheter un véhicule qu'il n'a pas vu, qu'il n'a pas touché ? », s'interroge-t-il. Pour lui, le concessionnaire offre un « vrai rôle de conseil que le client ne peut pas avoir sur le Net », où se pose aussi la question de la sécurité du paiement, s'agissant de sommes importantes. Mais M. Mary reconnaît qu'à terme, « des distributeurs s'organiseront pour vendre des voitures (neuves) sur internet. On ne pourra pas passer à côté ». Quelque 15 % des voitures d'occasion sont d’ailleurs déjà vendues sur le Net.

Alors que selon M. Mary, rien sinon le bon sens commercial n'oblige un constructeur à installer un réseau pour vendre ses produits, un nouveau venu dans le secteur automobile propose déjà d'acheter ses voitures en ligne : Tesla. La société de voitures électriques de haut de gamme, qui a écoulé quelque 350 véhicules en France l'année dernière, n'y aura fin 2015 que quatre points de vente. Mais il est possible d'acquérir une berline « Model S » (de 65 000 à 120 000 euros) entièrement par l’internet, de l'acompte à la livraison au domicile, précise à l'AFP le directeur France de la marque, Olivier Loedel.

Alexandra Frutos