L'accroissement des capacités de production en Amérique du Nord ne suscite pas d'inquiétudes (1/2)

L’industrie automobile nord-américaine est dans une phase d'expansion. Cinq constructeurs construisent des usines au Mexique. Volvo va implanter une usine en Caroline du Sud, Fiat Chrysler envisage d'investir à Toledo, dans l’Ohio, et General Motors dépense des milliards de dollars pour moderniser et agrandir des usines d’assemblage aux Etats-Unis et au Mexique.Selon IHS, les projets annoncés vont augmenter les capacités de production en Amérique du Nord d’environ 20 % au cours des six prochaines années. L’industrie automobile est par nature cyclique, et le marché automobile américain ne devrait croître que modérément dans les années qui viennent, mais les analystes ne sont guère inquiets.La mondialisation et la cure d’amaigrissement des constructeurs de Detroit pendant la grande récession ont changé fondamentalement la structure et la nature de l’industrie automobile nord-américaine. En conséquence, même avec l'entrée en activité de sept nouvelles usines d'ici à cinq ans, le risque d'être à nouveau confronté à un problème de surcapacité est faible, estiment les experts.« Je ne suis pas vraiment inquiet. Les choses ont changé », indique Ron Harbour, qui publie le rapport Harbour sur la productivité des usines. Cela ne signifie pas que les risques n’existent pas. Les projets d'expansion vont engloutir des milliards de dollars de ressources. Si l’industrie dans son ensemble ne devrait pas se retrouver avec trop de capacité, certains constructeurs seront confrontés à ce problème, parce que des modèles ne marcheront pas ou parce qu'ils auront eu de trop grandes ambitions en termes de part de marché. En outre, la demande sur des marchés à l’exportation comme la Russie, le Brésil et la Chine, ralentit, voire s’effondre carrément. « Certaines des nouvelles usines ne tourneront pas à plein régime », avertit M. Harbour.

Frédérique Payneau