L'accord de libre-échange entre le Canada et la Corée du Sud suscite des inquiétudes pour le secteur automobile au Canada (1/2)

Le Canada et la Corée du Sud ont conclu au mois de mars un accord de libre-échange. Cet accord est le premier du genre conclu par le Canada avec un pays asiatique. Il prévoit que le droit de douane de 6,1 % qui frappe aujourd’hui les automobiles coréennes importées au Canada sera supprimé sur une période de deux ans. Les prix des voitures neuves coréennes sur le marché canadien pourraient en conséquence baisser de plusieurs centaines de dollars. Si les constructeurs canadiens exportent peu de véhicules en Corée du Sud, des constructeurs coréens tels que Hyundai et Kia sont très compétitifs au Canada, notamment sur le segment des véhicules compacts.

Selon l’agence de presse coréenne Yonhap, la Corée du Sud a exporté plus de 130 000 voitures au Canada en 2013, représentant une valeur de 2,23 milliards de dollars (soit près de 43 % des exportations totales de la Corée au Canada). C’est beaucoup plus que les quelque 92 millions de dollars de voitures et pièces automobiles canadiennes qui ont été exportés en Corée du Sud.

Redoutant que l’accord de libre-échange n’entraîne des baisses de production et des suppressions d’emplois dans les usines canadiennes, la Province de l’Ontario a demandé au gouvernement fédéral de constituer un groupe pour suivre son impact sur le secteur automobile. La province canadienne aurait souhaité que le droit de douane soit supprimé sur une période de sept ans et que le Canada puisse le réintroduire s’il était avéré que la Corée imposait des barrières non tarifaires qui désavantageaient les voitures canadiennes sur le marché coréen.

Frédérique Payneau