L'UAW reste déterminé à simplanter dans les usines des constructeurs étrangers (1/2)

L’UAW, le syndicat américain des ouvriers de l’automobile, a élu début juin lors de son congrès annuel un nouveau président, Dennis Williams, pour un mandat de quatre ans. Son prédécesseur Bob King a dirigé le syndicat pendant une période difficile, qui a vu les trois constructeurs de Detroit se redresser après la grave crise qui les avait ébranlés en 2009.Pendant son mandat, M. King connu des succès et des échecs. Il a réussi à enrayer le long déclin du nombre d’adhérents du syndicat - l’UAW a gagné des adhérents tous les ans au cours des quatre dernières années et comptait 391 415 membres à la fin 2013. Il a privilégié l’emploi et les investissements au détriment des salaires durant les négociations collectives de 2011 avec General Motors, Ford et Chrysler, contribuant à la création de 28 000 emplois et à 20 milliards de dollars d’investissements dans leurs usines au cours des quatre dernières années. M. King a aussi noué des relations étroites avec des syndicats à l’étranger, en Allemagne, au Brésil ou encore au Mexique, mais il n’a pas réussi à implanter le syndicat dans les usines des constructeurs étrangers, alors qu’il avait indiqué au début de son mandat que l’UAW n’avait pas d’avenir s’il n’atteignait pas cet objectif. L’UAW représente la quasi-totalité des ouvriers de General Motors, Ford et Chrysler, mais tous ses efforts pour organiser les ouvriers des usines que les constructeurs étrangers ont implantées dans le sud des Etats-Unis ces vingt-cinq dernières années ont été vains. Dernier échec en date, au mois de février, les ouvriers de l’usine d’assemblage de Volkswagen à Chattanooga, dans le Tennessee, ont voté contre son implantation.Des défis importants attendent le 11ème président du syndicat. M. Williams devra négocier une nouvelle convention collective avec les trois constructeurs américains l’an prochain, redoubler d’efforts pour organiser les salariés des usines étrangères et continuer à gagner des adhérents en dehors du secteur automobile. Outre des ouvriers des constructeurs et des équipementiers, l’UAW représente également des universitaires, des salariés de l’industrie du jeu et du secteur agricole.

Frédérique Payneau