L'Inde et le Maroc envisagent de collaborer dans l’automobile

L'Inde et le Maroc ont signé le 1er février deux accords de coopération dans les domaines de l'environnement et de la pêche, à l'occasion d'une visite du chef de la diplomatie indienne Salman Khurshid, en tournée régionale. L'Inde est présentée par Rabat comme son premier investisseur asiatique et son deuxième partenaire du continent en termes d'échanges. La rencontre avec M. Khurshid a permis « de prospecter plusieurs opportunités de coopération, notamment dans les secteurs de l'agriculture et de l'industrie automobile », a indiqué à la presse le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar.

De prime abord, l’idée d’une coopération indo-marocaine peut sembler originale, mais elle est somme toute assez logique. « Les deux pays disposent d'une importante expérience dans les domaines de l'agriculture, de l'agroalimentaire, de la sécurité alimentaire, en plus des secteurs de l'industrie pharmaceutique et de la logistique », a souligné M. Mezouar. L'Inde « partage avec le Maroc les mêmes choix et la même manière d'approcher un bon nombre de questions », a déclaré le responsable indien au terme d'un entretien à Rabat avec le chef du gouvernement marocain.

D'après des chiffres officiels, les échanges entre le Maroc et l'Inde ont atteint en 2012 deux milliards de dollars, dont près de 40 % ont porté sur les phosphates et ses dérivés, faisant de Rabat un important fournisseur pour l'agriculture indienne. S'agissant de l'automobile, le gouvernement marocain avait fait état début 2013 de l'intérêt du constructeur indien Tata pour l'implantation d'une usine dans la région de Tanger, où le groupe français Renault dispose déjà d’un site géant. Sachant que le Maroc cherche à développer son industrie automobile, notamment en favorisant l’installation de groupes étrangers, il ne serait pas étonnant que l’on annonce prochainement l’implantation d’un constructeur indien dans le royaume chérifien.

Alexandra Frutos