L'Espagne veut produire un quart des véhicules européens en 2016

La production automobile en Espagne a reculé de 16,6 % en 2012, à 1 979 103 unités, dont 1 539 604 voitures (- 16,3 %), 55 469 tout terrain (+ 15,1 %) et 384 030 véhicules utilitaires (- 21 %), indique l’ANFAC (Association des constructeurs). Les exportations de véhicules ont diminué de 18,5 % l’an passé, à 1 729 172 unités, représentant 87 % de la production. En 2012, l'Espagne a ainsi produit 15 % des véhicules fabriqués au sein de l'Union européenne, contre 44 % pour l'Allemagne et 16 % pour la France. Mario Armero, vice-président de l'ANFAC, estime que les usines espagnoles pourraient produire jusqu'à 25 % des véhicules européens en 2016.

"La production espagnole a augmenté de 12 % en janvier 2013, à 179 096 unités, grâce notamment à une hausse des exportations (+ 12 %, à 151 125 unités) et à l'augmentation des ventes nationales suite à la mise en place d'un deuxième plan d'incitations à l'achat (plan PIVE)", observe M. Armero. "Le Plan PIMA Aire (qui concerne les véhicules utilitaires) viendra conforter cette reprise de l’activité des usines espagnoles au cours des prochains mois", a-t-il ajouté. Cette tendance est confirmée par les pronostics des fabricants, qui prévoient d'assembler 2,2 millions de véhicules en Espagne en 2013, soit une hausse de 11 % par rapport à 2012.

L'an passé, déjà, quatre des dix voitures les plus vendues en Europe ont été fabriquées en Espagne : la Volkswagen Polo (287 828 unités écoulées sur le marché européen en 2012), l'Opel Corsa (265 297 unités), la Renault Clio (244 280 unités) et la Renault Mégane (199 167 unités).

Les accords sociaux signés ces derniers mois en Espagne, entre les constructeurs et les syndicats, ont permis d'attirer de nouveaux investissements dans le pays. L'accroissement de la flexibilité du travail, le gel temporaire des salaires et la diminution de la masse salariale ont contribué à renforcer substantiellement la compétitivité des usines espagnoles. M. Armero a expliqué que, "au cours des 18 derniers mois, l'industrie espagnole a amélioré sa compétitivité de 50 %", grâce aux ajustements salariaux, à l'amélioration de la productivité et de la qualité, ainsi qu'au renforcement de l'automatisation des processus. Chez Renault, notamment, l'accord signé à Palencia pour la période 2014-2016 permet de garantir l'activité du site pendant dix ans et de créer 1 300 nouveaux emplois. ?Tout ce que nous avons mis en place contribue à attirer de nouveaux investissements", a souligné M. Armero. Les investissements des multinationales automobiles en Espagne devraient ainsi passer, en quelques mois, de 3 à 4 milliards d'euros, a annoncé l'ANFAC.

L'ANFAC souligne toutefois que, pour arriver à ce qu'un véhicule sur quatre soit produit sur le sol espagnol, il sera nécessaire de travailler sur plusieurs fronts à la fois, et notamment d'améliorer la distribution logistique des véhicules. "L'Espagne doit adopter différentes mesures qui améliorent le transport des marchandises. Par exemple, nous demandons que les camions puissent être plus longs, que les lignes de train se rapprochent des usines et des ports, et que les couloirs ferroviaires se développent", détaille M. Armero. "Nous voulons également pointer du doigt les coûts énergétiques trop élevés ; l'Espagne est le pays européen affichant les coûts les plus élevés dans ce domaine. Et l'Europe affiche elle-même des coûts énergétiques supérieurs de 20 % à ceux des Etats-Unis".

M. Armero insiste sur l'importance, pour l'Espagne, d'être de nouveau un premier choix pour les investissements industriels, afin de démontrer que le processus est encore possible dans les économies avancées. "Après 20 ans de délocalisations, Apple produit de nouveau aux Etats-Unis", a-t-il souligné.

Juliette Rodrigues