L’Automobile-Club publie le budget de l’automobiliste français 2012

Depuis 1987, l’Automobile Club Association observe dans son « Budget ACA de l’automobiliste » l’évolution des comportements commerciaux et financiers des principaux partenaires de l’automobiliste (constructeurs, réparateurs, établissements de crédit, assureurs, pétroliers, percepteurs de taxes, etc.), établit une photographie objective des dépenses moyennes annuelles d’un automobiliste français « type » au cours de l’année précédente et met en évidence leurs variations.

La dernière publication de l’ACA révèle que le budget d’un conducteur possédant une voiture à essence (en l’occurrence une Renault Clio III TCe Express Clim de 1,2 l et 103 ch à cinq portes) s’est élevé à 6 049 euros l’an dernier (+ 1,2 %) et celui d’un automobiliste ayant une voiture diesel (Peugeot 308 HDi Access FAP de 1,6 l et 92 ch à cinq portes) à 7 991 euros (+ 4,4 %), dans une économie ayant connu une inflation de 2 %. Leur budget a augmenté alors qu’ils ont réduit leur kilométrage, de 3 % et 0,7 % respectivement.

Concrètement, les deux profils de référence sont affectés par une hausse des primes d'assurance de 3 %, et ce en dépit d'un recul des accidents de la route d'environ 6 %. Ils ont aussi subi l'an dernier une hausse de 4,4 % du prix du SP95 pour l'un et de 4,5 % du tarif du gazole pour l'autre. Les péages autoroutiers ont augmenté de 2,5 % et la carte grise s'est renchérie de 4,8 %, à 235 euros en moyenne nationale. « Quasiment tous les postes du budget (carburant, assurance, péages, réparations) ont augmenté plus que l'inflation », déplore le président de l'ACA, Didier Bollecker. Il est toutefois à noter que la hausse des prix des pièces de rechange a été limitée (+ 1,7 % pour la Clio et + 1,42 % pour la 308).

Sur 100 euros de budget automobile utilisé en 2012, il y a eu 24 euros de taxes sur la 308 diesel et 25 euros sur la Clio à essence. A titre de comparaison, pour la très grande majorité des produits et services, il y a 16 euros de taxes dans 100 euros d’achat, souligne l’association. Dans ce contexte, l’ACA s’oppose au projet d’alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence envisagé par le gouvernement après 2014 et préconise l'hypothèse inverse, à savoir un alignement des taxes du super sur celles du gazole pour promouvoir le pouvoir d'achat. M. Bollecker estime qu’il serait « plus utile d'avoir de vraies incitations à changer d'anciens véhicules diesel de plus de 15 ans au lieu de matraquer l'automobiliste avec des taxes ». Il ajoute que, sur les quelque 31,5 millions de voitures particulières en France, six millions de véhicules anciens contribuent à environ 30 % des émissions de particules des véhicules particuliers. L'ACA rappelle que le parc automobile français, dont la moyenne d'âge est de 8,2 ans, comprenait 60 % de voitures diesel en 2012.

La voiture est le deuxième poste d'achat des ménages français : sept Français sur dix utilisent l'automobile tous les jours pour se rendre au travail. Et si 83 % des déplacements des Français se font en voiture, « ce n'est pas à cause leur attachement irrationnel pour l'automobile, mais parce que c'est le seul moyen d'assurer leur mobilité », souligne M. Bollecker. « La voiture est constamment attaquée mais elle est loin d'être en voie de disparition », estime me président de l’ACA, qui prévoit par ailleurs « un développement important de la voiture électrique en ville » et une première évaluation du budget de l'automobile électrique dans l'édition 2013 de son rapport annuel.

Alexandra Frutos