Jacques Aschenbroich n’envisage pas la suppression des motorisations thermiques

A la question, envisagez-vous dans vos plans à long terme la suppression des motorisations thermiques, le président de Valeo Jacques Aschenbroich répond clairement non. « Les ventes de véhicules thermiques vont évoluer de manière différente dans le monde. Il y a des pays qui ont donné des dates comme l’Inde à 2030 et la France à 2040 pour la suppression des moteurs thermiques, mais il y en aura toujours pour les camions et pour les pays où la production électrique n’est pas suffisante », estime-t-il. Alors que le véhicule électrique est dans une dynamique qui n’a jamais été aussi forte, il n’est pas encore en mesure de remplacer le véhicule thermique, selon lui. « Cela dépendra de vous et de moi, pas des constructeurs. Il y aura des progrès sur les batteries, sur l’efficacité de l’électronique de puissance, et sur la gestion thermique, mais l’autonomie d’un véhicule électrique restera plus faible, même avec une charge rapide en 15-20 mn. Il y a encore des usages qui nécessitent que vous et moi en tant que consommateur acceptions ces contraintes », explique le dirigeant.

A ce jour, il n’y a pas de modèle économique pour le véhicule électrique, dont le développement repose sur l’existence de subventions, rappelle M. Aschenbroich : « On verra dans les années 2020 quel sera le taux de croissance du véhicule électrique. A quelle date il n’y aura plus de véhicule thermique, je ne peux pas vous le dire », déclare-t-il.

Valeo a très tôt pris au sérieux les signaux des pouvoirs publics contre le diesel, ce qui l’a conduit à anticiper le développement de l’électrification des véhicules. « Nous avons beaucoup travaillé pour que notre chiffre d’affaires soit neutre entre diesel et essence. Globalement, si demain matin tous les moteurs diesel étaient remplacés par des moteurs à essence, cela n’aurait aucune incidence sur notre chiffre d’affaires », indique Jacques Aschenbroich. « Compte tenu des bruits négatifs sur le diesel, nous avons depuis longtemps préféré mettre notre argent sur l’hybridation, un peu dans le ricanement général d'ailleurs », remarque-t-il. Cette stratégie a permis à Valeo de prendre des parts de marché considérables sur les solutions « mild hybrides ». « Nous avons eu l’intuition que l’électrification serait générale et ce qui se passe aujourd’hui nous a donné raison », souligne le dirigeant. (AUTOACTU.COM 24/7/17)

Alexandra Frutos