Hyundai arrête les « ventes tactiques » et vise une « croissance saine »

Après avoir porté ses « ventes tactiques » à un haut niveau en 2012 et 2013, Hyundai a touché les limites de cette stratégie coûteuse. Plutôt que « la part de marché à tout prix », le constructeur coréen vise désormais « une croissance saine ».

« Nous avons pris la décision au cours du deuxième trimestre 2013 de nous recentrer sur des ventes plus saines : les particuliers et les entreprises hors courte durée », explique Dominique Gobin, directeur des ventes flottes et véhicules d’occasion de Hyundai France, qui occupe également la fonction de directeur commercial par intérim depuis le départ, le 1er avril, de Benoit Peronnet.

Ainsi, après avoir atteint un point haut en 2012, les ventes tactiques dans les immatriculations de Hyundai ont commencé à baisser sur la fin de l’année 2013. En 2012, les ventes de la marque avaient progressé de 42 %, à 28 733 unités (pour une part de marché de 1,5 %), sur un marché en recul de 5,7 %, mais cette croissance était liée à l’usage intensif des « ventes tactiques ». La part de ces ventes, qui permettent au constructeur d’administrer sa part de marché, avait atteint 46 % de ses volumes (la moyenne de ce canal étant de 24 %).

En raison de ce changement de stratégie, les ventes de Hyundai ont chuté de 50 % au premier trimestre de 2014, à 3 900 unités. La composition des immatriculations de la marque est revenue à une répartition plus classique avec 67 % de ventes aux particuliers, 11 % aux entreprises et 22 % de VD/Constructeurs.

En conséquence, sa part de marché est revenue à 0,9 % sur le premier trimestre (soit son niveau de 2011), effaçant totalement la progression des deux dernières années.

Le constructeur ne renonce pas pour autant à son ambition d’atteindre 5 % du marché européen d’ici à 2020, dont 3 % en France. « Nous avons 6 ans pour progresser et nous ne changeons pas de ligne de conduite. Avec un réseau stable, un produit compétitif et un effort en communication, nous sommes convaincus que cet objectif n’est pas irréaliste », explique M. Gobin, rappelant que Hyundai représente 4 % du marché espagnol (4,1 % en 2013) et qu’il dépasse 3 % en Allemagne (3,4 % en 2013). (AUTOACTU.COM 7/4/14)

Alexandra Frutos