General Motors : Mary Barra va prendre les rênes d'un constructeur transformé et prospère (1/2)

Mary Barra prendra le 15 janvier la direction de General Motors. Elle sera la première femme à diriger un grand constructeur d’automobiles aux Etats-Unis et dans le monde et la 23ème femme à diriger l’une des 500 plus grandes entreprises américaines. Mme Barra succédera à Dan Akerson, qui avait pris les rênes de l’entreprise en 2010, un an après son passage sous la protection de la loi sur les faillites et l’entrée de l’Etat américain dans son capital à hauteur de 60,8 %.

Agée de 51 ans, Mary Barra est ingénieur de formation. Fille d’un ouvrier de General Motors, elle a effectué toute sa carrière chez le constructeur, en grande partie dans ses usines. Elle était jusqu’ici directrice du développement des produits, des achats et de la chaîne d’approvisionnement.

Contrairement à M. Akerson et à son prédécesseur, Ed Whitacre, Mme Barra est issue de l’industrie automobile. Premier ingénieur à diriger GM depuis Bob Stempel au début des années 1990, elle sera entourée de deux autres bons connaisseurs du secteur et de l’entreprise : Dan Ammann, jusqu’alors directeur financier et promu au rang de numéro deux, supervisera les activités dans les différentes régions du monde ainsi que les marques Chevrolet et Cadillac ; Mark Reuss, ingénieur et jusqu’ici en charge de l’Amérique du Nord, reprendra la direction du développement des produits. « Les entreprises automobiles mondiales qui rencontrent le plus de succès sont dirigées par des équipes qui donnent la priorité au produit », souligne Adam Jonas, de Morgan Stanley.

La nomination de Mme Barra, annoncée le 10 décembre, au lendemain de la cession des dernières parts détenues par le Trésor américain dans le capital de General Motors, s’inscrit dans une série de décisions stratégiques annoncées en l’espace de quelques jours par le constructeur américain : retrait de la marque Chevrolet d’Europe d’ici à la fin 2015, arrêt de la production de véhicules et de moteurs en Australie d’ici à 2017, cession de sa participation restante dans le capital d’Ally Financial, son ancienne filiale de financement qui avait aussi été renflouée par le gouvernement américain, vente de sa participation de 7 % au capital de PSA Peugeot Citroën et investissement de 1,3 milliard de dollars dans cinq usines américaines.

Frédérique Payneau