Gangnam, un nouveau pari du président de Hyundai Motor Group (2/2)

Le groupe automobile coréen dispose d’importantes liquidités pour réaliser son projet immobilier, mais des analystes ont déploré qu’il se prive de moyens pour investir dans la recherche-développement, accroître ses capacités de production ou lancer de nouveaux modèles plus sobres et plus respectueux de l’environnement qui offrent un fort potentiel de croissance. Sur les marchés, les actionnaires ont massivement vendu leurs titres de Hyundai, Kia et Hyundai Mobis après l'annonce de l'acquisition du terrain à Gangnam.Certains analystes voient toutefois le projet de Hyundai Motor Group d’un oeil favorable. Ils pointent l’envolée permanente du prix du mètre carré à Gangnam et font valoir que la décision du groupe d’y construire un siège mondial pour ses trente filiales est non seulement en ligne avec son statut de grand constructeur mais lui permettra aussi d'accroître son efficacité et de réaliser des économies. Ils notent également que l’opération pourrait se révéler très intéressante sur le plan fiscal pour le groupe, alors que le gouvernement coréen veut pénaliser les grandes entreprises qui accumulent trop de liquidités. L’acquisition n’a pas par ailleurs affolé les agences de notation. Moody's et Standard & Poor?s ont confirmé les notes de Hyundai, Kia et Hyundai Mobis.Gangnam est le projet de Chong Mong-koo, le président du groupe coréen, connu pour son audace et sa détermination. Le projet immobilier n’est pas le premier projet osé et controversé du fils aîné du fondateur du groupe Hyundai. On peut citer le rachat de Kia alors en faillite en 1998, le lancement d’une garantie de 10 ans ou 100 000 miles sur tous les véhicules de Hyundai aux Etats-Unis l’année suivante, ou encore la construction de la deuxième aciérie intégrée de Corée en 2006 pour un coût de 7,4 milliards d’euros. M. Chung a expliqué que la décision d’acheter le terrain de Gangnam avait été prise « avec l’avenir du groupe dans cent ans à l’esprit ».

Frédérique Payneau