Ford veut devenir une entreprise de mobilité (2/2)

Ford a exposé sa vision de la mobilité du futur au salon de l’électronique grand public de Las Vegas en janvier dernier. Il a annoncé au CES le plan « Ford Smart Mobility », axé sur l’innovation pour l’aider à franchir une nouvelle étape en matière de connectivité, de mobilité, de véhicules autonomes, d’expérience clients et de méga données.Dans le cadre de ce plan, Ford a annoncé le lancement de 25 expériences de mobilité dans le monde cette année pour tester de nouvelles idées et répondre aux problématiques grandissantes de la mobilité, les enseignements de ces expériences devant guider les futurs investissements de l’entreprise. « Même si nous présentons aujourd’hui des voitures connectées et faisons part de nos projets en matière de véhicules autonomes, nous sommes ici avec un but plus ambitieux. Nous promouvons l'innovation dans toutes nos activités, afin d’être une société à la fois de produits et de mobilité, et à terme changer la façon dont le monde se déplace, comme notre fondateur Henry Ford l’a fait il y a 111 ans », a déclaré M. Fields, directeur général du constructeur, au salon de Las Vegas.Parmi les 25 projets annoncés par Ford, huit concernent l’Amérique du Nord, neuf l’Europe et l’Afrique, sept l’Asie et une l’Amérique du Sud. Chaque expérience est conçue pour anticiper quels seront les souhaits et les besoins des clients dans le futur écosystème de transport. « Nous imaginons un monde dans lequel les véhicules communiquent entre eux, les conducteurs et les véhicules communiquent avec l’infrastructure des villes pour décongestionner le trafic et les gens partagent régulièrement leur véhicule et utilisent différentes formes de transport pour leurs déplacements quotidiens. Les expériences que nous entreprenons aujourd’hui conduiront à un tout nouveau modèle de transport et de mobilité dans les dix prochaines années et au-delà », a indiqué M. Fields.Les 25 expériences lancées par Ford répondent à quatre grandes tendances dans le monde - l’explosion de la population, le développement de la classe moyenne, les problèmes de qualité de l’air et de santé publique et les changements dans l’attitude et les priorités des consommateurs -, qui constituent un défi pour le modèle de transport actuel et limitent la mobilité individuelle, en particulier dans les grandes villes. Elles incluent des projets de conduite en ville à la demande, d’assurance à la carte, de navettes sociales, de parking facile, d’autopartage, de covoiturage?Fort des enseignements tirés de ses projets de recherche depuis le mois de janvier, Ford a lancé fin juin une nouvelle étape de son plan « Smart Mobility ». « Nous passons maintenant de l’expérimentation à la mise en ?uvre », a annoncé Mark Fields. Dans cette nouvelle phase, Ford met l’accent sur deux domaines clés de la mobilité ? la souplesse dans l’utilisation et la propriété des véhicules d’une part, et les solutions multimodales de déplacement en milieu urbain d'autre part -, avec de nouveaux projets pilotes et expérimentations.Ford Motor Credit s’est ainsi associé avec les sociétés Getaround aux Etats-Unis et easyCar Club à Londres, pour lancer un projet pilote d’autopartage qui permettra à 14 000 de ses clients à aux Etats-Unis et 12 000 à Londres de louer leur véhicule à des automobilistes présélectionnées pour de courtes périodes afin de réduire leurs frais. L’expérience se poursuivra jusqu'en novembre. Des recherches menées par la société de conseil Penn Schoen Berland ont montré qu'un tiers des jeunes Américains aux Etats-Unis étaient disposés à louer leurs biens pour accroître leurs revenus et que la moitié d’entre eux étaient ouverts à l’idée de partager des trajets avec d’autres. Ford a par ailleurs lancé GoDrive, une formule d’autopartage qui met une cinquantaine de voitures à la disposition des Londoniens, avec une tarification à la minute et une solution de parking garantie.Enfin, dans le cadre de son expérimentation de la mobilité multimodale, Ford a introduit un troisième concept de vélo électrique, MoDe:Flex, et une extension de son application sur Smartphone MoDe:Link qui permet à l'utilisateur du vélo de recevoir diverses informations sur sa montre connectée.

Frédérique Payneau