Fiat Chrysler va investir 55 milliards sur cinq ans dans son plan de relance

Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a dévoilé un nouveau plan d'investissements de 55 milliards d'euros sur cinq ans. Sur cette enveloppe, près d'un tiers (9 milliards d'euros) devrait être consacré à la relance de Fiat et d'Alfa Romeo en Europe, un tiers à l'Amérique - y compris le Brésil -, et le dernier tiers à l'Asie, où le groupe va accélérer la montée en puissance de Jeep. Outre le « spin off » d'Alfa Romeo dans une société séparée en vue de renforcer son autonomie (sur le modèle de Ferrari), FCA entend élargir la gamme de Chrysler et de Jeep pour mieux rivaliser avec les constructeurs globaux (GM, Ford, Toyota?).

"Ce n'est pas seulement un nouveau chapitre, nous commençons un nouveau livre. C'est un plan courageux qui va rompre avec le passé", a déclaré Sergio Marchionne, administrateur délégué et directeur général de Fiat Chrysler. Trois mois après sa montée à 100 % dans le capital de Chrysler, le groupe turinois se fixe un objectif global de 6 millions de voitures vendues en 2018 (contre 4,4 millions aujourd'hui), en grande partie basé sur l'élargissement des gammes de Jeep et d'Alfa Romeo.

S’agissant d’Alfa Romeo, 8 nouveaux modèles seront lancés d'ici à 2018. Après avoir vu ses ventes s'effondrer de 56 % en 2013 (à 74 000 unités), la marque se voit assigner un objectif de ventes de 400 000 unités en 2018, sur le modèle de la renaissance de Maserati. L'ambition est de faire d'Alfa Romeo une marque globale, capable de rivaliser avec BMW ou Mercedes, en utilisant le réseau de concessionnaires Jeep aux Etats-Unis.

Fiat Chrysler va en outre maintenir en l'état la production de sa marque de luxe Ferrari et veut continuer à en vendre le même nombre limité chaque année jusqu'en 2018. "Nous voulons limiter la production pour préserver la spécificité de la marque tout en cherchant des opportunités dans les marchés émergents", a précisé M. Marchionne, ajoutant que Ferrari n'était "toujours pas à vendre".

Sur le terrain de Chrysler, Jeep se voit assigner un objectif de hausse de 160 % de ses ventes en cinq ans, à 1,9 million d'unités en 2018 (contre 732 000 en 2013). Quant à la marque Chrysler elle-même, l'objectif est de doubler ses ventes sur la même période (de 350 000 à 800 000 unités).

Sergio Marchionne a par ailleurs indiqué qu'il resterait à la tête du groupe au moins jusqu'en 2018. "Je vais rester pour le plan", a-t-il déclaré. (AFP, STAMPA, ECHOS 7/5/14)

Juliette Rodrigues