Fiat Chrysler mise sur sa dernière-née, la "Giulia", pour relancer Alfa Romeo

Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a dévoilé le 24 juin sa dernière-née, une Alfa Romeo baptisée "Giulia", appelée à devenir l'une des clés de voûte de sa conquête du marché haut de gamme, alors que le groupe reste en quête d'un partenaire. Conçue pour rivaliser avec les bolides du haut de gamme allemand, la Giulia est le premier des huit nouveaux modèles annoncés il y a un an dans le cadre de la relance de la marque Alfa Romeo, plus que centenaire, qui a bénéficié d'une enveloppe de 5 milliards d'euros à cet effet.

La berline a été présentée à la presse au musée Alfa Romeo d'Arese, près de Milan, rénové pour l'occasion. La Giulia est dotée d'un moteur V6 de 510 ch dérivé d’un organe Ferrari et peut passer de zéro à 100 km/h en 3,9 secondes. Elle sera également distribuée aux Etats-Unis début 2016, où elle concurrencera les BMW Série 3, Audi A4 et Mercedes Classe C notamment. Son design est présenté comme "distinctement italien" avec une attention toute particulière portée à ses proportions et à sa "peau", autrement dit sa surface. L'objectif de FCA est de quasiment sextupler les ventes d'Alfa Romeo d'ici à 2018, à 400 000 unités (contre 68 000 en 2014). La Giulia a été conçue par un groupe de designers, experts et techniciens baptisés en interne "skunks" en référence à un épisode de la Seconde Guerre Mondiale. Les "Skunk Works" étaient un groupe d'ingénieurs de la Lockheed Aircraft Corporation qui avaient reçu carte blanche pour créer en un temps record un avion de chasse performant, enfermés dans un bunker. "La même intensité a donné naissance à la Giulia", indique FCA.

Née il y a 105 ans, Alfa Romeo était dans les années 1960 une marque de modèles sportifs très prisée, à l'instar de BMW aujourd'hui, mais a traversé depuis une période difficile. "Ces 30 dernières années, Alfa portait avec elle un sens d'inachèvement qui criait vengeance", a souligné lors de la présentation l'administrateur délégué de FCA, Sergio Marchionne. Selon lui, c'est la récente fusion de Fiat avec Chrysler qui a permis la relance d'Alfa Romeo. "Fiat seul n'aurait pas eu les ressources financières ni techniques, ni le réseau de distribution nécessaires", a-t-il expliqué. "La journée d'aujourd'hui représente la conclusion d'un long processus de développement auquel nous avons consacré ces dernières années les meilleurs énergies de l'entreprise", a indiqué M. Marchionne.

La naissance de la Giulia intervient cependant dans une période d'incertitudes pour FCA, dont les avances à son rival General Motors ont été rejetées une nouvelle fois début juin par Mary Barra, présidente de General Motors, et se heurteraient aussi à l'hostilité d'influents actionnaires du groupe américain.

Juliette Rodrigues