Euler Hermes présente son rapport sur l'industrie automobile en 2015 (2/2)

Le rapport d’Euler Hermes souligne par ailleurs l'évolution de la répartition géographique de la production de véhicules neufs. La production de la Chine a bondi de 167 % entre 2007 et 2014, celle de l'Inde de 70 % et celle du Mexique de 61 %, tandis que les pays producteurs en Europe ont enregistré les plus mauvais résultats sur la période. L'Italie a en effet perdu près de la moitié de sa production (46 %), suivie de près par la France (40 %) et l'Espagne (14 %).

La production automobile mondiale devrait ralentir à 2 % à peine en 2015, avant de retrouver un potentiel de croissance annuelle de 3 % à 4 % au cours des prochaines années. L’étude souligne toutefois que l’automobile doit relever de nouveaux défis : les constructeurs doivent gagner des parts de marchés dans les secteurs de croissance clés, mais aussi adapter leurs modèles de production pour s'adapter aux variations importantes de la demande.

« On constate un transfert régulier de la production vers les pays émergents considérés auto-friendly, c'est-à-dire ceux où la main d'?uvre est meilleur marché pour que les constructeurs préservent leurs marges et où la production peut s'adapter à une demande qui change. On assiste ainsi au développement de nouvelles zones de production dites réactives, notamment en Europe de l'Est, en Asie du Sud-Est, en Afrique du Nord et en Amérique latine », indique Ludovic Subran, chef économiste d'Euler Hermes.

« Afin de faire face à un marché en perte de vitesse, les constructeurs s'efforcent de créer la voiture de demain, une voiture écologique, connectée et partagée, sans toutefois être en mesure de mesurer leur retour sur investissement ni les couts liés notamment aux infrastructures dédiées. Au final, le marché mondial est toujours conditionné par des facteurs traditionnels tels que la démographie, le pouvoir d'achat des ménages et les politiques industrielles de chaque pays », ajoute Yann Lacroix.

Alexandra Frutos