Euler Hermes présente son rapport sur l'industrie automobile en 2015 (1/2)

D’après Euler Hermes, leader mondial en assurance-crédit, les marchés traditionnels du secteur automobile que sont l’Europe et les Etats-Unis présentent des signes prometteurs de croissance et devancent les marchés émergents, qui traversent actuellement une zone de turbulence. Dans son rapport intitulé « L'auto dans tous ses états », publié début septembre, Euler Hermes souligne que le ralentissement économique qui frappe actuellement les marchés émergents entraîne une chute des ventes d’automobiles, mesurées par les immatriculations. En Chine, la croissance des ventes devrait s'établir à 3 %, en forte baisse par rapport aux 10 % de croissance enregistrés l'an dernier. Les immatriculations au Brésil devraient quant à elles chuter de 14 % en 2015, à 2,3 millions de véhicules, un chiffre bien inférieur aux 3 millions de véhicules vendus en 2013. Les immatriculations russes devraient pour leur part chuter de 36 % cette année, pour atteindre 1,6 million d’unités seulement, soit près de deux fois moins qu'il y a deux ans. Enfin, les ventes en Inde pourraient croître de 6 %, ce qui ne suffira toutefois pas à dépasser les niveaux de production de 2011.

Dans le même temps, les Etats-Unis profitent d'une sixième année de hausse consécutive des immatriculations ; elles sont ainsi revenues aux niveaux avant crise. Selon Euler Hermes, le marché devrait croître de 4 % en 2015, à 17,5 millions d’unités. Le redressement du marché automobile européen devrait de son côté se poursuivre avec une croissance des ventes attendue à 5 %, et ce malgré un environnement fortement concurrentiel, marqué par de faibles marges. Le Royaume-Uni mène la danse, après avoir encore amélioré son record précédent : on estime actuellement que les immatriculations pour l'année 2015 devraient bondir de 5 % à 6 %.

Le marché français confirme son redressement, amorcé depuis plus de 2 ans, sans pour autant parvenir à rattraper ses niveaux d'avant crise. « Nous anticipons une croissance de 4 % en 2015, et de 2 % en 2016. Il faudra plusieurs années pour se rapprocher du niveau moyen des 2,1 millions d'unités vendues et absorber les excès générés par la prime à la casse en 2009-2010. Une mesure qui avait en réalité boosté artificiellement les ventes dans un temps réduit », analyse Yann Lacroix, auteur du rapport et conseiller sectoriel d'Euler Hermes.

La France se distingue par son taux moyen d'émissions de CO2 (112 g/km, contre une moyenne de 121 g/km en Europe), principalement dû à l'appétit des consommateurs hexagonaux pour les modèles économiques. « C'est à la fois un point fort pour notre environnement, même si des efforts peuvent encore être menés en termes d'innovation pour aller vers des véhicules de moins en moins polluants, mais c'est aussi un handicap pour nos constructeurs face à leurs concurrents allemands, mieux positionnés sur les véhicules de gamme supérieure, qui affichent une rentabilité opérationnelle de 7 % (contre 3 % en France) », conclut M. Lacroix.

Alexandra Frutos