« Eradiquer les véhicules diesel d’ici à 2020 » : Attention aux amalgames

Madame la Maire de Paris a déclaré récemment vouloir « éradiquer les véhicules diesel d’ici à 2020 » dans la capitale. Le CCFA est convaincu que cette mesure manque de réalisme et qu’elle doit dans tous les cas être nuancée. Depuis longtemps, le Comité explique que la meilleure solution pour améliorer la qualité de l’air passe par une action sur le parc automobile ancien. Les mesures de gestion de la circulation à Paris visant à restreindre l’accès de certains véhicules les plus polluants, sur la base de critères objectifs, restent parmi les plus efficaces pour répondre à cette problématique.

Lorsque Madame la Maire de Paris déclare souhaiter « éradiquer les véhicules diesel d’ici à 2020 », elle ne fait aucune distinction entre les véhicules diesel anciens et les véhicules diesel modernes équipés des dernières technologies de dépollution (normes Euro-5/Euro-6). La différence est réelle et il serait faux aujourd’hui de laisser croire que l’on peut parler « du » diesel comme d’une technologie unique.

La réglementation européenne a ramené les émissions de polluants des véhicules diesel au niveau de celles des véhicules à essence. Comment, dans ce contexte, en justifier l’interdiction de circulation ? Pourquoi ne pas se baser sur l’arrêté de mai 2013 qui permet d’identifier les véhicules du parc, selon leurs niveaux d’émissions de polluants, pour la mise en place du projet de restriction de circulation dans la capitale ?

En adoptant ce plan à horizon 2020, Paris serait la seule ville d’Europe ayant mis en place une restriction de circulation (Londres, Berlin, etc.) à interdire des véhicules diesel, pourtant conformes à la réglementation européenne. Le Japon, de son côté, octroie même dorénavant des incitations fiscales aux véhicules diesel ayant atteint le niveau règlementaire d’émissions de particules, niveau d’ailleurs identique à celui de la norme européenne.

Le CCFA rejoint donc l’avis de l’Ademe, qui précise qu’ « afin de réduire l'impact sur la qualité de l'air des transports routiers dans les zones urbanisées les plus polluées, il est nécessaire d’agir prioritairement sur les véhicules les plus émetteurs de particules et de NOx, en particulier les véhicules diesel non équipés de filtres à particules fermés qui représentent encore environ les deux tiers du parc [?] ». (COMMUNIQUE DE PRESSE CCFA 12/12/14)

Alexandra Frutos