En Chine, la lutte contre la pollution fait face à de nombreux obstacles

La Chine fait face actuellement à un grave problème de pollution atmosphérique. Depuis 2006, la Chine est le premier pays en termes d’émissions de CO2 dans le monde, du fait de son emploi massif du charbon. En outre, les niveaux de particules polluantes atteignent des niveaux record dans les grandes villes du pays (avec des pics à près de 400 ppm alors que le seuil dangereux est fixé à 150 ppm en Europe).

Cette pollution est notamment due au trafic routier, qui représente 22,2 % des émissions de particules polluantes. En effet, le pays est devenu le premier marché automobile mondial, avec 15,5 millions de véhicules pour passagers (voitures et minivans) vendus en 2012. Toutefois, malgré cette évolution, la Chine reste en retard en termes de qualité de l’essence.

Ainsi, dans l’Union européenne, les standards Euro V limitent la concentration de sulfure dans les carburants à 10 parties par million (ppm). Les normes China III (mises en place en juillet 2011) ne limitent cette concentration qu’à 350 ppm. Ces normes restent les seules légalement imposées aux stations-service du pays, bien que certaines villes cherchent à se mettre au niveau des normes internationales.

A Pékin, les normes China V (qui imposent un maximum de 10 ppm de sulfure dans le carburant) viennent d’être mises en place, mais à l’échelle nationale, le passage aux standards China IV est difficile.

En effet, le niveau maximal de sulfure dans l’essence est fixé par le Comité national de standardisation des produits pétroliers. Or, ce comité, composé de 40 à 50 membres, se compose en majorité (au moins 30 membres) d’experts issus des deux grands groupes pétroliers chinois Sinopec et Petrochina.

Ces deux sociétés cherchent à empêcher une hausse des coûts de raffinage (qui découlerait inévitablement du passage aux normes China IV ou China V). En effet, les prix à la pompe étant fixés par le gouvernement central (qui veille à limiter leur hausse, afin d’éviter le mécontentement des chauffeurs de taxis et de poids lourds), une hausse des coûts se traduirait par une baisse de leurs marges.

L’application obligatoire à l’échelle nationale de la norme China IV (qui limiterait la concentration de sulfure dans les carburants à 50 ppm) a été repoussée de janvier 2011 à juillet 2012, puis une nouvelle fois à juillet 2013. Ces retards se traduisent par l’émission de 30 000 à 40 000 tonnes de particules polluantes chaque année.

Toutefois, le douzième plan quinquennal (2011-2015) prévoit une réduction des émissions de sulfure. L’Etat s’est donc engagé à ce que trois zones particulièrement polluées (car très peuplées) passent aux normes China V d’ici à 2014 pour l’essence et 2015 pour le diesel. Il s’agit de la région de Pékin/Tianjin, le delta du fleuve Yangzi (Shanghai) et le delta de la rivière des Perles (Canton).

Selon la réussite de ce projet, les normes Euro V pourront être plus facilement appliquées dans le reste du pays.

Cindy Lavrut